A la cool

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Il arrive qu’un jour, l’horloge de votre ordinateur approche les 18h, et vous pensez « Tiens, je boirais bien une petite bière… ». Faut dire que vous avez bien travaillé, le nez sur l’écran, le dos presque droit, votre petit cerveau entièrement happé par des problématiques qui ne vous encombreraient pas dans le monde réel. Vous avez été dérangée vingt-cinq fois, et malgré tout, glorieusement, vous êtes parvenue à accomplir votre travail. Ouais. Yes, comme on dit là-bas. Le système de récompense s’enclenche, et la bière devient un eldorado tout à fait envisageable. Vous salivez.

Arrive cette petite pourriture de voix qui vous susurre que vous êtes probablement alcoolique. On parle de 4,5° d’alcool, rétorquez-vous. Mais n’est-ce pas l’intention qui compte, reprend la petite pourriture. L’intention, cette fameuse intention qui bouleverse le cours des campagnes électorales et alourdit le verdict du juge. L’intention, c’est ce qu’il y a de pire. Je me méfie de l’intention qui déplace les virgules et vous fait passer de 4,5 à 45°. Vous vous êtes enivrée avec l’intention de le faire (genre, je vais me mettre minable)! Vade retro alcoolo, comme on disait là-bas.

Quittez votre poste de travail en déclarant que vous avez piscine, n’avouez jamais que vous avez bière (surtout pas une pinte !). Encore, il y a vingt ans, je ne dis pas… mais en 2018, l’alcool est démodé. L’intelligence aussi, me direz-vous, bien qu’il n’y ait pas spécialement de rapport entre les deux.

Alors quoi faire ? Boire sa honte jusqu’à la lie ou s’en foutre ?

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