Parlons culotte

Partout ailleurs, il est question de nourriture (comment se nourrir durant le confinement, composer ses menus, cuisiner rapidement, mijoter longuement), et d’alcool (à partir de combien de verres sort-on du raisonnable, sachant qu’on ne prendra pas le volant et que le réveil ne sonnera pas) ; ici et aujourd’hui, la culotte sera le sujet de fond.

Lorsque je compose ma tenue, je choisis d’abord les souliers que je vais porter, mais je commence toujours par enfiler une culotte. En confinement, je ne porte pas de souliers. J’enfile une paire de baskets pour aller faire les courses, et tout le monde le sait : les baskets ne sont pas de souliers, quel que soit leur prix et même si Louboutin en fait.

La culotte est un fondamental de la garde-robe, bien cachée et de préférence indécelable (et me revient à la mémoire l’image de cette cycliste dont le string s’agitait au-dessus du pantalon… Non non non), elle est un confort et un réconfort dans certaines situations. En cette période de confinement, si j’ai cessé les souliers, j’ai aussi cessé les « tenues », mais pas la culotte. Certains matins, j’en porterais bien deux.

S’il existe en France un Musée de la culotte où on peut observer l’évolution de ce vêtement selon les époques, le milieu social, la région, le métier et l’âge ; j’aimerais bien le visiter. En attendant, mon musée personnel ne cerne qu’une catégorie dans une seule époque : la mienne. La salle des archives est au milieu de l’exposition temporaire, et les trésors sont rares. Je mène parfois quelques travaux de restauration et d’autres fois des travaux de recherche pour enrichir certaines collections (frous-frous, par exemple, comporte plusieurs pièces).

Je ne passe pas non plus ma vie dans mon tiroir à culottes (j’ai un cerveau), et si tout se passe bien, je n’y pense pas toute la journée, mais lorsqu’on se croise, ma culotte et moi, aux toilettes, je lui fais un petit sourire si elle est rigolote et un soupir si elle est fatiguée.

Bonne journée mes petites culottes et bonne journée chez lecteurs (et lavez-vous les coudes ! ).

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