
Objets inanimés, avez-vous donc une âme ? Je ne sais pas. Mais un pouvoir de nuisance, c’est certain. Nos objets se débrouillent toujours pour nous trahir au pire moment, avec pour seule intention -je le soupçonne- de nous faire regretter notre attachement à leur égard. Il ne faut pas s’attacher aux objets, c’est exactement ce que j’expliquais à mon coussin (en lin, avec des pompons aux quatre coins, il est tellement chou que je lui ai choisi un compagnon dans une autre couleur, afin qu’ils échangent entre pairs, en faisant la paire. Bref). Il n’a rien répondu, mais il avait un air espiègle et câlin, j’ai tout de suite compris qu’il n’en pensait pas moins.
Hier j’ai fracassé mon téléphone contre la porte de l’immeuble. L’émotion, sans doute, de mettre le nez dehors et probablement une once de culpabilité de n’avoir point de masque tendu sur ce nez. Mon téléphone s’est vengé de sa servilité, tout comme la minuterie du four, le thermostat de la plaque à induction et mon stylo bille. Tous ces objets se sont ligués contre moi, mais je tiens bon. Je ne lâche rien.
Sinon : Material Girl est une chanson de Madonna, sortie en 1985 dont le propos traduit son désir d’une vie riche et aisée. Nous pouvons rapprocher ce propos d’une citation de Marguerite Duras : « Je veux bien ne pas avoir d’argent dans un monde désargenté, mais je ne veux pas être privée d’argent dans un monde où il y est. »
Ainsi puis-je justifier de me représenter en Madonna (elle-même se représentant en Marilyn) plutôt qu’en Marguerite Duras, c’est dimanche quand même !
A demain amis de l’immatériel et lavez-vous les coudes !