L’espace intérieur

Puisque le vide nous compose à 99,9 %, il nous laisse beaucoup de place pour notre espace intérieur. Je suis multitude de personnes en moi, multitude de paysages pour chacune d’elles. Je peux être la forêt un matin de printemps, la Seine qui coule sous les ponts de Paris, simple pivoine au milieu de mes sœurs sur le bord de la cheminée, une épopée de dunes, des cimes enneigées pour quelques années encore, souveraine un matin, solitaire une nuit, avec toute ma panoplies de mots, de traits et de parfums. Je peux aller et venir à l’intérieur de moi, revenir sans cesse sur un souvenir ou le laisser se dissoudre sans un regret. Je décide où aller, quel chemin fouler, quelle pensée suivre, laquelle chasser, si tenace soit-elle, que sa rémanence ne soit qu’une couleur maintes fois lavée et diluée dans mon paysage. Nous sommes riches de ces mondes que nous élevons, le plus souvent en secret.

La grande poupée contient toutes les autres, si on les place côte à côte pour former une famille de femmes, elles sont vides alors. Selon les modèles, la plus petite est pleine et ne s’ouvre pas, ou alors elle s’ouvre et reste vide. On peut y ranger un secret minuscule. Il faut attendre la fin pour savoir. Je vais rester confinée encore un peu.

Bonne journée matriochkas, et lavez-vous les coudes (ça ne va pas être facile ! ).

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