
Quel beau dimanche les amis ! Je savoure un thé vert après avoir achevé ma séance de yoga. Me voici tranquillement allongée sur le canapé, évitant du regard tout ce qui doit être rangé. J’écris allongée, comme Philip Roth qui ne tenait plus assis ; mais dissipons toute ambiguïté : je ne me prends pas pour Philip Roth, je n’ai pas son bagage ni son bardage, encore moins son ramage. Mais je suis vivante.
Ce matin, j’ai ouvert le Yoga qui soigne de Tara Stiles pour guider ma pratique. J’ai choisi la séquence « Gueule de bois », qui vient juste après « Grippe » et « Grossesse », mais je n’ai pas pu m’empêcher de faire les postures « Acnée » et « Allergies », c’est toujours ça de pris, me suis-je dit, puisque mes allergies me donnent principalement des boutons. Mon corps, mon ami, tu trouves toujours le moyen de te rappeler à moi. Mais je pense à Philip Roth qui ne tenait plus assis, et je relativise.
Je viens tout juste d’embrasser la pièce du regard et tout ce qui doit être rangé me saute aux yeux. Place au rangement me dis-je, avant de retourner à mon petit écran fissuré. Je range le rangement dans un coin de ma tête. Je repense à cette série de conseils glanée dans un quelconque magazine pour permettre aux énergies de mieux ciculer. L’énergie qui circule fluidifie la pensée, attise la créativité, augmente les performances intellectuelles. Tout en haut de la liste trône le rangement. Même Tara en parle dans la section « Week-end inspiration », il faut dégager l’espace. Je pensais être vieille, alors que je suis simplement encombrée. Et je pense à Philip Roth qui écrivait debout, sur un pupitre incliné (l’anti bazar par excellence).
Je vais ranger. Je vais me concentrer. Et lundi, je reviendrai avec un cerveau.
Bon dimanche mes amis et lavez-vous les coudes !