
J’ai failli ne pas écrire ici aujourd’hui. Grosse fatigue, irrésistible envie de rien plutôt qu’autre chose. Il y a bien-sûr l’appel du dehors, tellement décevant, de ces rues de quartier, identiques à ce qu’elles étaient avant. Il n’est pas dit qu’un ailleurs soit préférable. Plus personne n’y croit. L’horizon à perte de vue, les grands espaces, l’aventure, tout ça appartient au monde de l’imaginaire. Dans la réalité, on revient toujours devant son évier. Nous sommes ancrés, ici ou là ; nous revenons à notre lit. Les habitudes reprennent, les gestes n’ont pas besoin d’être pensés.
L’ordinaire. La période fut exceptionnelle, l’ordinaire nous attendait sagement.
D’ici quelques jours nous reprendrons la route qui ne mène à rien que nous ne connaissions déjà. L’ordinaire route du quotidien régulier, désormais régulé par les gestes qui protègent.
La distance est ce qu’on peut désormais revendiquer, notre petit espace préservé, notre souffle derrière un masque, nos pensées lissées. La distance, ce sont quelques mots qui suffisent à renvoyer chacun à son propre évier.
Demain est férié. N’est-ce pas une bonne nouvelle ?
Bonne soirée les amis et lavez-vous les coudes !