Huit jours

Huit jours, les belges disent « houit », comme s’il y en avait dix de plus. Une semaine dure sept jours, on dit « on se voit la semaine prochaine » et on précise « dans huit jours ». Si on compte bien, ça tombe juste. Du jeudi au jeudi, ça fait huit. Mais doit-on compter le jour présent ? Ils disent aussi, « jeudi en huit », et j’ai envie de m’échapper. Ce « m’échapper » aussi, ça n’est pas très précis, je veux m’échapper de quoi ? Il faudrait le préciser. Coincée dans une spirale, je veux m’en échapper, dirais-je. C’est donc à moi que je veux échapper. Je veux m’échapper de moi et à mon grand âge, je m’étonne encore de prononcer ce genre de phrase, comme s’il était possible de s’abandonner un matin pour devenir une autre. Ou une fleur.

On ne pense jamais à devenir une fleur. Il y a des milliers de fleurs que personne ne voit et qui existent malgré tout, et toute l’eau de l’océan n’est jamais nagée en même temps. Ce qui est rassurant.

Le mercredi est le milieu de la semaine du travailleur du tertiaire. C’est une mini-fête, certains en profitent pour ne pas travailler, ce qui permet une esthétique appréciable de l’agenda bureautique. Si la semaine comptait huit jours, ce serait plus simple, on alternerait deux jours chômés et deux jours travaillés sans changer de semaine. La régularité serait bénéfique pour tous. Si on combine cette réforme avec la suppression du changement d’heure, je crois qu’on pourrait s’en sortir.

S’en sortir. Mais de quoi ?

Bonne journée les amis, sortez de chez vous et lavez-vous les coudes !

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