La question du jour

Le lundi qui a suivi le premier tour des municipales 2020, je me suis dit que j’avais vraiment fait une connerie en allant voter. Peut-être n’y avais-je pas prêté attention les semaines précédentes, mais il me semble que ce lundi-là, le comptage quotidien des morts a commencé. L’épidémie était déjà là, il n’y avait pas de masque, mais il fallait voter dans cette école qui serait fermée aux enfants le jour d’après.

Mange ta pomme, Blanche Neige. À un spectacle de Guignol, tous les enfants hurleraient « Non ! Non ! » parcequ’ils connaissent déjà l’histoire. Dans les Tex Avery, le coyote ne tombe que lorsqu’il réalise que le sol a disparu. Aux ignorants la joie.

Entrer dans l’isoloir, effleurer ce rideau lisse en matière inflammable, plier son bulletin et le glisser dans l’enveloppe, prendre place dans la file pour poster sa voix dans l’urne. Entendre « A voté » et signer. Quelle joie. Imaginer le nombre de fois où ce rideau, ce bulletin, cette enveloppe, ont été touchés, penser que dans ce préau plane le virus et se demander s’il plane au-dessus ou en dessous de la démocratie. Se poser la question pour le plaisir, un masque sur le nez, son stylo dans la poche et le savon qui nous attend docilement sur le bord du lavabo.

Tout va bien.

Bon dimanche électeurs, et lavez-vous les coudes !

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