Bassiner

L'art de la bassine@pauline.buzy

L’état de la planète exerce une certaine pression sur mon humeur, à mesure qu’il se dégrade, il altère ma perception de l’avenir. Le revers de la médaille m’apparaît plus lourd que son avers, plus sombre, plus sale, plus triste. C’est à ce moment-là qu’une voix s’élève du fond de la pièce, pour dire que la planète s’en sortira toujours, que c’est l’humain qui va dérouiller. J’adore ce genre d’optimisme irréfutable.

Il y aura des coupures d’électricité, un rationnement de l’eau, des denrées alimentaires en rupture, des épidémies, des guerres, un effondrement de nos systèmes de santé et d’éducation. L’humain étant plaintif, nous voilà partis pour des siècles de manifs, de grognes, de recommandations à jouer en boucle sur les ondes (si elles existent encore). Il y aura d’un côté ceux qui voudront changer le système, de l’autre les partisans du foutu pour foutu, d’un côté les colibris, de l’autre les mastodontes qui coloniseront la lune.

C’est pénible comme sujet, non ?

J’aimerais avoir une bassine. Une bassine qui ne serait pas en plastique, pas polluante, solide mais pas trop lourde. Avec ma bassine, je pourrais consommer moins d’eau, tous les jours. Je ne prendrais plus le robinet pour acquis. Je ferais attention, je prendrais soin de mon eau. Et même si Paris est inondée demain, même s’il pleut des seaux pendant un mois, si je n’arrive plus à sécher, j’aurais ma petite bassine pour me rappeler que non, ça ne coule pas de source.

Je parlais de mon délire de bassine, et mon fils m’a répondu que j’aurai plus d’impacts en arrêtant de manger du chocolat.

On s’y met tous ?

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