Jingle bêle

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Il a des détails insignifiants, néanmoins perturbants. Par exemple mon nouveau papier aquarelle. Six fois que je manipule mon fichier pour essayer d’en tirer un résultat satisfaisant : rien à faire. Si : changer de papier. Changer de papier, changer de pinceaux, changer de coiffure, de crème de jour, de vie, de chien, de parfum, de régime, de ciel bleu, d’envie, de destination, de culotte, de religion, de souliers, de style, de paroisse, d’état d’esprit, de président, de dentifrice, d’artifice, d’heure, de planète. Pour au final ne rien changer, car c’est ainsi que nous sommes habitués. Ainsi donc, Noël revient tous les ans, jamais avec la même magie que lorsqu’on était petits et Sissi impératrice.

Mais nous voici lundi et il faut s’y remettre !

Le temps passe (vite)

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Le temps passe et je sais que ça n’est pas un scoop. J’espère que vous êtes tous en train de rédiger vos lettres au Père Noël : cette année il a décidé d’anticiper et de boucler ses cadeaux avant le 30 novembre. Aucun retard ne sera toléré, on cible un taux de satisfaction de 70%.

Sinon, La folle allure est le titre d’un roman de Christian Bobin.
Il commence par cette phrase : « Mon premier amour a les dents jaunes ».
Vous pouvez l’offrir à Noël, ça fera plaisir.

 

Je suis en différé

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J’écris dans l’ignorance et ces lignes sont publiées après l’annonce. Mais je ne peux quand même pas me lever à 3h du mat’ pour adapter ma fiction à la réalité !! Je vous aime bien (même je vous adore, chers lecteurs), mais j’aime mon sommeil. J’aime ma nuit. J’aime mon lit. J’aime mon oreiller tellement que je ne pose pas ma tête dessus. D’ailleurs j’y vais.

Bonne journée, quelle qu’en soit l’augure (je suis tellement crevée que ces quatre lignes sont probablement truffées de fautes. Je compte sur vous pour fermer les yeux !)

Un physique extraordinaire

 

physique-extraordinaireLe physique est juste un mauvais moment à passer. Entre 13 et 40 ans, le corps est susceptible de générer des complexes (ou beaucoup d’argent dans certains cas), on se prend à imaginer sa vie avec dix centimètres de plus et cinq kilos en moins, avec des seins comme ci et des fesses comme ça (ou alors l’inverse). Ensuite on se calme. La sagesse que nous sommes tous en droit d’atteindre réclame que l’attention aille se poser ailleurs (« Merde, j’ai raté ma vie ! » ou encore « Nous laissons une piteuse planète à nos enfants »).

Passez une bonne journée, quel que soit votre âge !

Une vie de vélo

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Au moment où se publient ces lignes, chers lecteurs, je suis sur mon vélo ! D’après la météo, il fait 5°, le temps est sec et c’est tranquille.

A présent que mon vœu est comblé, qu’ai-je à espérer ? En cherchant bien, il me reste un bon gros tas de trucs que j’aimerais expérimenter, mais la plupart sont relativement hors d’atteinte. On dit que le désir est un moteur mais on dit aussi qu’il est sage de se contenter de ce qu’on a (surtout lorsqu’on n’a rien, ça aide…). Ce qui est amusant lorsqu’on atteint un but derrière lequel on a couru relativement longtemps, c’est le vide qui s’ouvre alors. Préférer l’attente à l’évènement, la douceur et le confort de cette attente, est-ce se contenter de ce qu’on a, ou est-ce attiser le désir ?

Bonne journée à tous !

Roule ma poule

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Mon premier vélo parisien était passablement laid. Je l’avais acheté chez Décathlon en rentrant du travail. J’ai beaucoup roulé avec mon fils sur le siège arrière. L’hiver j’enfilais ses bras dans de grosses chaussettes en laine, pour le préserver du froid. En ce temps-là, les hivers étaient rudes (j’ai 107 ans, mais sinon ça se passe bien).

Mon vélo suivant a été l’amour de ma vie. Un vélo vintage et racé dont le réparateur disait en rigolant qu’il avait mon âge, sans trop savoir quel âge j’avais (entre 25 et 35 ans, probablement). C’est sur la place la plus polluée de Paris que le jeune et arrogant conducteur d’une camionnette de location a écrabouillé ma roue avant.
Une place encombrée, vous savez comment ça se passe: les automobilistes veulent à tout prix passer au feu rouge sous prétexte qu’ils n’ont pas pu passer quand il était vert. Toujours est-il que le petit péteux s’est à peine excusé et m’a balancé un billet de 20 en disant de l’amour de ma vie qu’il ne valait pas plus.
Le réparateur n’a pas voulu/pu le sauver… et je lui en veux encore. En contrepartie, il m’a vendu un Gitane de ville pour femme, un vélo sans âme. Il m’a dit « ça va vous changer la vie »… et en fait, non.

Mon troisième vélo dormira au chaud car il est pliant et élégant. D’ici quelques heures, lui et moi, nous ferons notre premier trajet ensemble.
L’est pas belle ma vie ?