Où tousser

Cet article devait initialement porter le titre de Foule cubitale en référence à la chanson de Souchon dont on a beaucoup parlé en début de confinement. J’ai pensé recueillir zéro clic avec un titre aussi abscons, je me suis abstenue.

En ce jour de sortie de confinement (pour aller où, je vous le demande), il me semble important de localiser ce coude dans lequel on nous encourage à tousser. En règle générale, évitez de tousser ou d’éternuer, si vraiment vous ne sauriez faire autrement, ne vous trompez pas ! Choisissez le pli, la saignée, la partie antérieure, celle qu’on pourrait nommer l’aisselle (imberbe) du coude. Parfois on l’appelle fosse, ce qui m’évoque un lieu bien plus vaste que la réalité.

Nommer les parties du corps n’est pas une mince affaire. Dites omoplate et n’importe quel professionnel de santé vous jaugera avec condescendance, de nos jours il convient de le nommer scapula. Curieusement, on dit « je me suis cassé le bras », alors qu’il faudrait annoncer l’os précis qui est cassé au sein du bras. Mais personne ne vous reprendra, on s’inquiètera plutôt de savoir, sur une échelle de un à dix, où se situe votre douleur.

La question (où tousser ?) est néanmoins caduque, car à partir d’aujourd’hui, chacun tousse dans son masque. Et parle sans son masque. Et rote dans son masque. Et c’est tant mieux. Il faudra en revanche accompagner le sourire d’une gestuelle spécifique si on veut rester avenant.

Comme annoncé par tous les experts, aujourd’hui, lundi 11 mai, après des semaines d’une météo radieuse qui s’est déroulée sans nous, la pluie triomphante accompagne nos premières sorties (sourire).

Bonne journée les amis et lavez-vous les fosses cubitales !

Histoire pour mon coussin

(et pour vous aussi, si vous êtes de bonne humeur)

Pourquoi pas Emile, me demandez-vous ? Parce que Gorgozola ! Ne me remerciez pas, ce n’est qu’une blague.

Hier fut un jour marquant de notre confinement, nous avons dîné de pizzas à emporter (avis aux voisins : Toto est ouvert, sauf dimanche et lundi, comme d’habitude). J’avais presque oublié la joie simple de ne pas cuisiner, immédiatement suivie par la culpabilité d’augmenter nos déchets ménagers, puis celle de consommer pas bio. L’enfer vous dis-je.

Donc hier, on a junké. Et maintenant je boude. D’autant plus que la nourriture devient un sujet récurrent de ce blog, ce qui n’est pas le concept initial. D’ailleurs il n’y a pas de concept initial.

Mais quand même, je me pose une question, et vous la pose par la même occasion : si je mange une cacahuète, sachant qu’elle est trop grasse et trop salée, suis-je un danger pour ma santé ? Ne devrait-on pas plutôt dire « pour votre santé, évitez de manger trop trop gras, trop trop salé » (Trotro trop trop rigolo) ? Une cacahuète, c’est peanuts, comme on dit.

Bon dimanche, chillez trop trop et lavez-vous les coucoudes !

Inspiration

Pourquoi se prendre la tête ? Les enfants n’ont pas besoin de légumes, il leur faut des sucres lents et des protéines. Jambon-coquillettes-beurre, la sainte trinité, suffit à les combler. La coquillette ne saurait être une fatalité, le royaume des pâtes est peuplé de tant de sujets (que je ne vais pas énumérer, personnellement, je vénère la nouille)(un autre choix ne vous aurait-il pas étonné ?).

Mais n’est-il pas un jour, où l’on se lasse des pâtes, comme on se lasse de tout ? Et si ce jour arrive le jour où vous manquez de temps, d’inspiration et de volonté pour vous tourner vers le cassoulet, quel espoir reste-t-il alors ?

Il vous reste l’imparable Riz aux anchois : Faites cuire un riz de Camargue rond demi-complet, ouvrez une boîte d’anchois entiers à l’huile, tronçonnez une cébette bien fraîche, servez avec de la sauce soja. Chacun dosera selon son goût les quatre ingrédients, dans un joli bol. Le tour est joué, il vous reste plein de temps libre pour nourrir votre cerveau !

Gros succès à domicile… Pourvu que ça dure !

A demain mes cordons-bleus et lavez-vous les coudes !

Pass illimité

L’enfer n’est pas à la portée de tout le monde, je me vante un peu. Je suis assez vantarde, d’ailleurs je tiens un blog. Je distribue aux passants des petites cartes de visite avec l’adresse de mon blog, je me suis fait un t-shirt et des badges pour le promouvoir, je songe à déployer une campagne sur YouTube et à lancer un podcast pour augmenter mon nombre de visiteurs. J’envisage aussi de me présenter aux municipales (c’est un peu tard, mais si on recommence à zéro, j’ai peut-être mes chances) ou à la FCPE. Si je me présente à la FCPE, ça me fait une dixième raison d’aller en enfer. Bingo !

FCPE : fédération des conseils de parents d’élèves. Je me sens obligée de préciser qu’il s’agit d’humour.

Restons sur neuf, c’est un chiffre que j’aime bien, malgré mon appétence pour les objets de seconde main. Je suis favorable au week-end de trois jours et à la semaine de neuf jours de vacances.

Bon week-end les amis et lavez-vous les coudes !

Le grillon du foyer

Le grillon de foyer a besoin d’aide pour soutenir sa stridulation. Je m’époumone, je percussionne et tout ça en silence pour ne pas déranger une sommité de réunion qui sauvera le monde et ses environs.

Chers collègues de mon Cher cher (j’ai toujours dit que le mariage soulage la sémantique, on peut dire « mon mari », c’est plus simple), pensez-vous vraiment qu’une réunion doive se prolonger jusqu’à 13h10 ? N’avez-vous rien d’autre à faire de votre confinement que sauter les repas ? A moins que, bande de goujats, vous fassiez patienter votre famille ou pire, glissiez une tranche de jambon en plastique entre deux tranches de pain en mousse, à moins que pire encore, vous enfourniez dans un micro-ondes une barquette trop grasse, trop salée et trop sucrée… Je n’ai même pas envie de le savoir.

« Commencez sans moi » soupire Cher cher après avoir coupé le micro.

Franchement, les mecs ? On en parle de vos qualités managériales ou on attend demain ?

Et comme promis hier, je publie la photo du gâteau au chocolat et aux légumes.

Bonne journée les amis et collègues de mes amis, et lavez-vous les coudes !

Un grand jour

Vous me reconnaissez ? C’est moi, hyper fière d’avoir mis au monde deux magnifiques garçons, dont l’un est un homme et l’autre presque un adolescent qui fête ses douze ans aujourd’hui.

On va faire une grosse fête de malade (c’est une expression, personne n’est malade, ne paniquez pas), à trois dans l’appartement. J’ai posé ma journée, ça va guincher.

Comme d’habitude je l’ai saoulé pendant une semaine pour dire adieu à ses onze ans. Avec un peu de chance, il fera pareil avec ses enfants et nous pourrons être fiers d’avoir œuvré pour une nouvelle tradition familiale. Notez mon optimisme : je crois que mes enfants feront des enfants. C’est dire si l’euphorie me gagne en ce jour de gloire.

Le 6 mai, je peux prédire la météo du week-end qui suit, quelle que soit l’année : il pleut. C’est le week-end où on invite tous les copains sur une pelouse et immanquablement, on se retrouve dans l’appartement. Confinés, pouvait-on dire les années passées… Mais c’est une expression qu’on n’emploie plus à la légère.

Je vais faire du gâteau, demain je vous posterai la photo.

Happy you les amis, et lavez-vous les coudes !

On se détend

L’ambiance est un peu trop sérieuse sur ce blog depuis quelques jours, il est temps de cesser. Cesse, me dis-je, et ponds une blague pour détendre l’ambiance. Je m’en ouvre à mon coussin (le bien nommé Cous’) afin qu’il m’inspire un humour universel et pourtant tellement difficile à traduire. Je passe mon tour pour l’universalité, donc.

Mine de rien, je viens de vous livrer l’une de mes blagues favorites, avec celle du pingouin qui respire par les fesses, et que j’ai retrouvée en fouillant dans mes archives : .

Evidemment, je ne suis pas l’autrice originale de ces deux blagues, mais la poule a-t-elle inventé l’œuf ? Herta la pâte à tartes et ma grand-mère le vélo ?

Nous passons notre temps à emprunter ce qui a été conçu avant nous : des idées, des concepts, des mélodies, des mots, des expressions (du coup, genre, en fait, tu vois, déceptif, clivant, en terme de, en effet) et même des opinions. A la fin, on finit par tous se ressembler un peu, un peu plus depuis que nous sommes unis par le confinement.

Je vous la souhaite bonne, cette journée, et lavez-vous les coudes.

L’espace intérieur

Puisque le vide nous compose à 99,9 %, il nous laisse beaucoup de place pour notre espace intérieur. Je suis multitude de personnes en moi, multitude de paysages pour chacune d’elles. Je peux être la forêt un matin de printemps, la Seine qui coule sous les ponts de Paris, simple pivoine au milieu de mes sœurs sur le bord de la cheminée, une épopée de dunes, des cimes enneigées pour quelques années encore, souveraine un matin, solitaire une nuit, avec toute ma panoplies de mots, de traits et de parfums. Je peux aller et venir à l’intérieur de moi, revenir sans cesse sur un souvenir ou le laisser se dissoudre sans un regret. Je décide où aller, quel chemin fouler, quelle pensée suivre, laquelle chasser, si tenace soit-elle, que sa rémanence ne soit qu’une couleur maintes fois lavée et diluée dans mon paysage. Nous sommes riches de ces mondes que nous élevons, le plus souvent en secret.

La grande poupée contient toutes les autres, si on les place côte à côte pour former une famille de femmes, elles sont vides alors. Selon les modèles, la plus petite est pleine et ne s’ouvre pas, ou alors elle s’ouvre et reste vide. On peut y ranger un secret minuscule. Il faut attendre la fin pour savoir. Je vais rester confinée encore un peu.

Bonne journée matriochkas, et lavez-vous les coudes (ça ne va pas être facile ! ).

Matérielle Girl

Objets inanimés, avez-vous donc une âme ? Je ne sais pas. Mais un pouvoir de nuisance, c’est certain. Nos objets se débrouillent toujours pour nous trahir au pire moment, avec pour seule intention -je le soupçonne- de nous faire regretter notre attachement à leur égard. Il ne faut pas s’attacher aux objets, c’est exactement ce que j’expliquais à mon coussin (en lin, avec des pompons aux quatre coins, il est tellement chou que je lui ai choisi un compagnon dans une autre couleur, afin qu’ils échangent entre pairs, en faisant la paire. Bref). Il n’a rien répondu, mais il avait un air espiègle et câlin, j’ai tout de suite compris qu’il n’en pensait pas moins.

Hier j’ai fracassé mon téléphone contre la porte de l’immeuble. L’émotion, sans doute, de mettre le nez dehors et probablement une once de culpabilité de n’avoir point de masque tendu sur ce nez. Mon téléphone s’est vengé de sa servilité, tout comme la minuterie du four, le thermostat de la plaque à induction et mon stylo bille. Tous ces objets se sont ligués contre moi, mais je tiens bon. Je ne lâche rien.

Sinon : Material Girl est une chanson de Madonna, sortie en 1985 dont le propos traduit son désir d’une vie riche et aisée. Nous pouvons rapprocher ce propos d’une citation de Marguerite Duras : « Je veux bien ne pas avoir d’argent dans un monde désargenté, mais je ne veux pas être privée d’argent dans un monde où il y est. »

Ainsi puis-je justifier de me représenter en Madonna (elle-même se représentant en Marilyn) plutôt qu’en Marguerite Duras, c’est dimanche quand même !

A demain amis de l’immatériel et lavez-vous les coudes !

Une conversation téléphonique

Le mot magique : masque. Toute personne normalement constituée, en pleine pandémie, devrait visualiser un masque FFP2. Pas moi. D’abord je pense au masque de beauté et ensuite au masque de carnaval. Mon secret ? J’ai arrêté les infos, je ne sors pas, je parle avec mes coussins. Ils vont bien.

Mettons que mon inconscient s’en mêle, imaginons que tout ceci ne soit qu’un rêve à interpréter : je me soucie de mon apparence et tout n’est que mascarade. Y compris lorsque je me soucie de mon apparence. Ouf !

Bonne soirée, visages nus ou dissimulés, et lavez-vous les coudes !