Mai, s’il te plait

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Si on m’avait demandé mon avis, j’aurais choisi le 1er mai comme jour de Nouvel An. Plutôt que de créer cet embouteillage de fêtes en décembre, j’aurais élu ce premier jour du mois au nom le plus court (3 lettres, un bonheur !). C’est l’un des rares jours fériés à être pire qu’un dimanche, surtout cette année.
J’aurais pris mai, parce que c’est le mois qui nous enjoint à faire ce qu’il nous plaît. J’aurais pris mai, mais j’aurais été aussi maline que Pâques et l’Ascension, j’aurais dit “Le Nouvel An survient le premier mardi du mois de mai“, mais j’aurais laissé le début de l’année au 1er janvier : c’est seulement la fête qui serait fêtée au 1er mai. J’aurais pris mai, parce que les jours sont longs, la lumière est douce et le muguet cloche. J’aurais pris mai, qui l’aurait mal pris, mais mai est tout de même un mois plus clément que décembre, qui souvent sonne “des cendres”. Mai est un mois qui objecte, séduit et s’indigne. Mai est un bon mois pour changer.

Parité bien ordonnée

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Contrairement aux apparences, les femmes ne sont pas les seules à s’habiller. Chacun donne librement son avis sur ce qu’il est acceptable de montrer ou de dissimuler d’une femme, selon son âge et sa condition. Du vêtement de l’homme, il n’est jamais question. Ont-ils le droit de sortir en débardeur ? De glisser une tongue entre leurs orteils ? De laisser apparaître le bas de leur dos lorsqu’ils se jettent à nos pieds ?

Arrêter, reprendre.

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Je me résous. Le verbe se résoudre signifie consentir, se transformer, ou aboutir à un résultat. Résoudre, seul, c’est aussi trouver une solution. Une résolution est une bonne façon de changer. A ceux que la vie comble, la privation est une distraction sans égale. C’est un luxe de nantis qui est aussi un moyen de reprendre du pouvoir sur sa vie. Ne sommes-nous pas « volonté » avant d’être comblés ?

Souvent, j’arrête.

 

 

 

 

 

(je sais, elle était facile)

 

 

Allô-delà, tu es une star !

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Paulina Wurst n’est pas très connue, ce qui est une bénédiction lorsqu’on voit la fréquence à laquelle les stars tombent (vous aviez oublié l’émission de Laurent Boyer ? Voici votre mémoire rafraîchie… ne me remerciez pas).

Paulina Wurst, en tant qu’artiste féminine à barbe, était en affinité avec Prince, artiste aux traits féminins, qui savait se mettre au niveau des femmes ordinaires (lui qui n’arrivait qu’aux seins des top). L’aisselle d’une top, la tête d’une naine, la fesse d’une géante, l’épaule d’une égale… ne sont que des points de vue. Pourtant, Prince les choisissait petites, les femmes qu’il hissait sur scène à ses côtés. C’est d’ailleurs tout ce que je peux vous dire de lui, car je n’ai jamais été à l’écoute de son talent, fut-il immense.

Paulina Wurst, artiste méconnue, a toujours choisi des hommes pileux, ce qui d’une certaine façon la rapproche de Prince. Qui se ressemble s’assemble, dit-on, c’est pourquoi j’ai tant de paires de chaussures.

Pour ceux qui l’ignorent, « wurst » signifie « saucisse » en allemand.

 

Y a-t-il un âge pour lire Sartre ?

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Sartre est-il le short de la littérature me demandais-je en dessinant cette page. Adolescente, j’avais pioché Maria de Cavanna dans la bibliothèque parentale ; vers le début du roman, il écrit « C’est con une ado, ça découvre Jean-Paul Sartre. » (je cite ma mémoire qui potentiellement flanche). Pile dans la cible, je me suis sentie affreusement vexée et j’ai refermé le livre. Bye Bye Cavanna, jamais plus je ne l’ai lu.

Si certains s’arrogent le droit de déclarer qu’une femme ne devrait plus porter de short au-delà d’un certain âge ; on peut aussi décider que certains livres ne peuvent plus être lus au-delà d’une limite qui reste à définir. « J’ai passé l’âge de lire Paul Auster. » ai-je ainsi entendu, de même Vian, Duras ou Kundera. Relire un livre vingt ans après la première lecture est une expérience étrange qui nous plonge dans la fiction de notre défunte jeunesse, sans entamer la vivacité du texte.

Avec mon short comme avec Duras, j’aurais pu vivre plusieurs vies. Sauf que je ne portais pas de short à l’époque où j’ai découvert Duras. Enfiler un short à 38 ans m’a procuré un grand sentiment de liberté. Qu’aurait bougé Duras en moi à 38 ans, si je ne l’avais lue à 13 ? Elle bouge encore, à la relecture ou à la première lecture d’un texte qui m’avait échappé. Elle bouge encore, même morte. Mais je dois avouer que je n’ouvre plus un livre de Duras avec la même fébrilité qu’autrefois. Je sais ce qui m’attend, je sais où elle gratte, je sais où elle creuse. Je connais sa musique, comment elle me fait danser.

Duras et Sartre sont-ils une piqûre de rappel ou peuvent-ils être le vaccin ? J’aimerais croiser un jeune, même un con, qui viendrait de les découvrir.

Votre disque de démarrage est saturé

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Lorsque les objets supposés nous faciliter la vie la rendent plus compliquée, il y a de quoi s’énerver. Avant l’invention de l’ordinateur, d’Internet et du scanner, comment aurais-je fait ? Rien de plus simple : après avoir griffonné mes petits dessins, je serais allée voir un éditeur qui y aurait trouvé à redire (normal, c’est son travail), aussi aurais-je retravaillé mes petits dessins. Ensuite, l’éditeur aurait fait son travail d’éditeur, avec probablement un maquettiste et il m’aurait envoyée chez l’imprimeur pour que je vérifie les couleurs. Vous seriez allés en librairie pour acheter (ou non) mon livre dont le titre aurait été choisi par mon éditeur, qui s’y connait mieux. Il l’aurait appelé « Votre disque de démarrage est saturé ». Mais à l’époque personne n’aurait compris le sens de cette phrase. D’ailleurs mon ordinateur devrait dire « Mon disque de démarrage est saturé. », parce que mon disque à moi, va plutôt bien. Heureusement, parce que s’il ne démarrait pas le matin, ça n’est pas mon téléphone qui pourrait le faire, puisque la fonction « Alarme » s’obstine à ne pas se déclencher (aléatoirement, cela va de soi). Il me faut donc faire le ménage dans mon ordinateur, en plus de faire le ménage dans mon appartement ; au moins mon appartement ne me demande-t-il pas de faire des mises à jour (il aurait pourtant besoin d’une mise à jour de peinture et de moquette, et s’il pouvait le signaler au propriétaire, ça m’arrangerait).

Si j’étais Karl Lagerfeld, j’aurais un ordinateur pour chaque jour de la semaine, qu’un jeune homme bien moulé mettrait à jour et nettoierait en gloussant des phrases pleines d’esprit.

 

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La pluie mode d’emploi

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Tôt ou tard, dans votre vie, il pleut. Il ne s’agit pas d’une métaphore poétique (en ce printemps des poètes), mais d’une basse réalité. Cette eau de là-haut est l’occasion de fusiller une paire de chaussures, d’attraper un mal de gorge ou d’affronter le ridicule. Voisin du coup dur, le ridicule ne vous rendra pas toujours plus fort et souvent ne vous tuera point. Une once de ridicule saupoudrée sur le quotidien vous oblige à traiter avec dédain les petites préoccupations. A défaut de ridicule, on peut aussi se forcer à manger un aliment détesté ou s’infliger une (petite) épreuve physique.

La méthode « cône de travaux » permet de mettre doublement cette théorie en pratique. Il pleut ? J’endosse mon costume orange fluo, et j’entends qu’on rit de moi derrière mon dos, je me hisse sur mon beau vélo et j’affronte la pluie drue qui me frappe au visage et mouille mes doigts et mes genoux (et le pantalon qui est autour). Car toute cône que je suis, il y a toujours un bout qui dépasse et que la pluie mouille. Mais qu’est-ce qu’un peu de mouillé dans ce monde de brut ? L’embryon d’un acte héroïque, la preuve qu’il est possible d’être mouillé sans se dissoudre.

Cet enseignement valait bien un mois d’attente… non ?