Un grand jour

Mon fils,

Aujourd’hui est un grand jour, c’est le lancement de la COP21, mais j’en parlerai demain, car aujourd’hui, mon grand, tu n’as pas fini d’avoir honte de ta mère, tu as :

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Voilà, c’était la partie émouvante de l’histoire. Maintenant, voici la partie qui fait soupirer bien des jeunes citoyens, car mon fils :

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Ah, l’écrasante majorité…

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… et parfois, c’est un con (ou une conne) qui gagne les élections. Ce qui ne signifie pas que la France est majoritairement peuplée de cons, non, ça signifie que parfois, les moins cons ne votent pas. Et tu sais pourquoi ? Parce qu’à force d’affirmer qu’on est moins con que les autres, on finit par être bête.
Il ne faut pas laisser un con (ou une conne) gagner les élections…

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Là, je te vois venir (et je vous vois tous venir, j’ai des yeux partout), tu vas me demander :
1) Faut-il lire l’intégralité de tous les programmes pour bien voter ? Non car le mieux est l’ennemi du bien. Vote.
2) Est-ce que voter prend du temps ? Non, prétendre le contraire, c’est comme dire qu’un Vélib’ coûte cher, c’est du flan. Vote.
3) Dois-je voter comme mes parents ? Pas forcément. Mon frère vote probablement comme mon père, alors que moi non. Prends exemple sur moi. Vote.
4) Qu’en pense Dieu ? Je ne vois pas le rapport. Vote.
5) Comment choisir son candidat pas con ? Hé Hé… Vote.

Sans oublier l’essentiel : BON ANNIVERSAIRE !

Dites-moi…

Je ne suis pas Claire Je ne regarde pas le JT J'ai des jambes Le direVous doutiez-vous que j’avais des jambes ? Bien sûr, vous ne doutez de rien… Pourtant rien n’est moins gagné qu’un détail considéré comme acquis chez l’autre. Nous sommes nombreux à « partir du principe que… » et fréquemment – gentils bonobos que nous sommes – ce principe, c’est nous ; alors qu’il n’y a pas plus différents de nous que nos semblables.

L’amoureux frais n’enchainerait pas les « moi aussi » émerveillés à l’énumération des marottes de son chéri, s’il parlait tous les jours avec des individus ayant les mêmes goûts que lui (leur parle-t-il, d’ailleurs ?). Mais l’amour est une catégorie à part, on ne peut pas théoriser avec l’amour.

Avec le travail, en revanche, on peut théoriser ! Voici deux phrases que j’ai souvent entendues en entreprise :
1) « Je ne suis pas dans ta tête ! » Réponse de l’Ingénieur développeur auquel il a été demandé de réaliser un Super Truc Pas Décrit Du Tout qui va sauver la boîte,
2) « C’était évident ! » Affirmation du directeur, horrifié par le résultat.
Je tiens à souligner souvent, car je les ai vraiment souvent entendues, ces deux phrases…

J’ignore comment pense mon voisin, quels croisements emprunte la logique de son cerveau, quelles images lui évoquent les mots… En termes de connaissance, il n’y a que dans l’ignorance que nous sommes égaux. Mon voisin et moi, pourrions nous entendre, avec des paroles.

Je me souviens de cette publicité antique « Dites-le avec des fleurs », contre laquelle je m’inscris en faux : Non, ne le dites pas avec des fleurs, dites-le avec des mots ! Une fleur ne dit rien, et fane, et plie, et pourrit (je n’aime pas les fleurs, tous mes amis le savent). Alors qu’une phrase, même simple, même ponctuée d’hésitations, même trébuchante… c’est tellement plus précieux. Une phrase, c’est comme un paquet de bonbons : se la remémorer, c’est piocher dans le paquet une friandise sucrée et la glisser entre ses lèvres.

Dites-le, même lorsque ça vous semble évident. Dites : j’ai faim, j’ai des jambes, je suis hyper fort en maths, je chante bien, je suis calé en économie, je n’aime pas le boudin, j’ai une mémoire fabuleuse, j’ai mal aux pieds, je n’ai pas compris, je n’ai pas entendu, je dois partir tôt, je parle couramment cinq langues, je dessine, je sais faire la roue, je tricote des pulls, je fais dix grilles de sudoku par jour, je cuisine divinement, je regarde le foot, je n’ai jamais pris l’avion…

(et demain, je parlerai du mensonge… non, je rigole !)

Mon fils fait médecine

Patrick Dempsey George Clooney Pauline Buzy

Mon fils fait médecine (poils aux enzymes) !
Imaginez ma fierté de mère, bien que je n’y sois pour rien. Déjà lorsqu’il s’est mis debout tout seul, je ne pouvais plus me contenir, quand il a interprété cet incroyable rôle du Mistral (oui, le vent) dans le spectacle de fin d’année en CM2, j’étais émue jusqu’au bout des doigts et lorsqu’il a décroché sa ceinture bleue de Kung-fu, j’en avais les larmes aux yeux. Je vais néanmoins attendre qu’il passe en deuxième année pour me faire un t-shirt « Mon fils fait médecine ».

Maintenant, mon fils, si tu lis cet article : arrête tout de suite, ne perds pas de temps, retourne à tes livres. D’ailleurs, le temps est désormais un luxe pour toi. Inutile de lire les programmes de ciné, d’acheter des BD, d’ouvrir ta Game Boy, de te cuire un bloc de tofu ou d’émincer un concombre : c’est fini.

C’est un peu dur, non ?

Ce qu’il te faut vraiment faire, c’est partir en quête de la vraie Médecine, celle qui soulage tous les maux et construit le plus beau chemin de la vie : l’Amour. Oui, l’Amour.

Va, mon fils, à la rencontre de ton âme sœur, cette femme d’exception, brillante et ambitieuse. Cette femme qui deviendra une célèbre chirurgienne, qui sauvera des vies, qui se hissera au sommet de son art et qui gagnera un max de pognon. Ainsi pourras-tu te consacrer au Kung-fu et lui mitonner de délicieux dîners. Prends ton temps, je ne suis pas pressée.

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