(…) manche

Aujourd’hui, rien. Comme disait l’autre dans son journal (qui était un journal de chasse).

Aujourd’hui c’est dimanche. Je me suis reposée plus qu’un dimanche habituel. Je me suis dispensée de mes tâches habituelles : un vrai bon gros dimanche de flemme, avec sieste et lecture de bandes dessinées. Je n’ai pas écouté mes rendez-vous radiophoniques habituels, parce que les programmes sont chamboulés et les formules actuelles me fatiguent.

Je n’ai pas parlé chiffon hier, mais les dessins sont prêts.

Il fait froid dehors, mais on s’en fout. On a changé d’heure et on s’en fout aussi. C’est tranquille. La ville est calme. On se repose.

Ça reste un dimanche… Ça n’est pas un lunmanche ou un vendremanche. Et demain on ira au boulot sans y aller.

Bonne soirée les confinés et lavez-vous les coudes !

Doser le silence

Chers confinés,

Pour débuter le week-end, parlons silencieusement des bruits qui nous entourent. Avec cette histoire de télétravail, je parviens facilement à passer cinq heures par jour au téléphone. Je me contente parfois d’écouter une tripotée de gugusses prendre des positions cruciales, d’autres fois je déroule des kilomètres de procédures passionnantes (cliquez en bas à gauche et tapez « j », « a », « v »…). Par chance, c’est assez varié.

Mais cinq heures avec l’oreille farcie, bon sang, ce que c’est usant. Lorsque je travaille à quelque chose, j’aime écouter de la musique. En bureau partagé, c’est une manière efficace de m’isoler des conversations ; à la maison ça permet à mon fils de jouer tranquillement (tranquillement ?) sans avoir à lui demander de baisser le son.

L’écoute de podcasts enchante mes plaisirs domestiques, France Inter accompagne volontiers mes ablutions (oui, je n’ai pas encore cessé de me laver…) et il m’arrive aussi d’avoir des conversations personnelles avec des gens intimes.

On peut dire en résumé que j’ai les oreilles bien remplies.

SILENCE ! Je ne crie pas, je murmure. Le matin c’est silence d’une heure sur mon tapis de yoga. Silence encore lorsque j’écris ici. Silence là-bas lorsque je dors. J’en prendrais bien un peu plus, de ce temps libre. M’asseoir au soleil avec des bouchons d’oreilles ou nager sous l’eau avec les poissons.

Bon week-end au calme et lavez-vous les coudes !

Soyez magiques

Amoureux des grands espaces, bonjour !

Il est difficile en cette étrange période de confinement de préserver ses petits secrets. Quelques conseils pour y parvenir :

– Fermez la porte de la cuisine lorsque vous cuisinez. Si quelqu’un entre, par exemple pour boire un verre d’eau ou pour raconter ses exploits à Fortnite, grognez ;

– Fermez la porte de la salle de bain lorsque vous briquez la baignoire. Vous bénéficiez ainsi d’une inhalation vinaigre blanc et bicarbonate, idéale pour aérer vos sinus ;

– Fermez la porte lorsque vous nettoyez les toilettes… En règle générale, fermez la porte lorsque vous êtes aux toilettes. Les gens y sont habitués, ils n’insisteront pas. Toutefois, il peut arriver que l’enfant pose une question (urgente, ça va sans dire, même à la douzième semaine de confinement, il y aura encore des urgences), répondez alors « J’arrive dans 5 mn ! ». Il est habitué.

– Faites la sieste lorsque quelqu’un d’autre entreprend une tâche. Ce qui vous évitera de faire des commentaires superflus sur son mode opératoire. Moi par exemple, je fais la sieste pendant que mon chéri passe l’aspirateur. Ça n’est pas toujours facile, mais je tiens bon. Parfois je le soupçonne même d’attendre que je sois endormie pour le faire… Il préserve ainsi tous ses secrets (petit coquin).

Surtout, n’avouez jamais ! Ne brisez pas la magie du parfait logis avant la fin du confinement : ces moments de tranquillité vous sont précieux.

Demain, je vous parlerai chiffon.

Bonne journée les fées du logis, et lavez-vous les coudes !

Pangolin, petit malin

Hier, mon fils m’a demandé si c’est mignon un pangolin. Il y a quelques semaines, après avoir entendu parler de ce petit animal à la radio, j’avais regardé vite fait sur Internet… Mais le manidé n’avait pas imprégné ma mémoire (grand âge, quand tu nous tiens ! ). Nous étions à table, sans smartphone (vous connaissez la règle) et j’ai répondu :

« Oui, c’est mignon, ça ressemble un peu à un ourson. » Il a souri et demandé : « Comme un raton laveur ?  » et j’ai acquiescé. Stupide suis-je. Je me demande combien de bêtises je lui reponds à chaque fois qu’il pose une question. Que n’ai-je appris le pangolin à l’école ?

C’est moche, un pangolin. Ça ressemble au Casimir de mon enfance (grand âge, quand tu nous tiens !) avec de grosses écailles qui peuvent faire de très jolis vêtements, d’après Google Images, ça a de grosses patounettes avec de longues griffes qui ressemblent à des doigts. Ça se roule en boule (et ça c’est marrant) dans son immense queue, queue qui sert également à transporter les petits ou à se suspendre.

Le pangolin est donc plein de ressources et c’est ce que j’expliquerai à mon fils. Après tout, qui mangerait un animal mignon ? Hein ? (Non, je ne vais pas dire ça) (il y a plein d’animaux mignons qui sont mangés) (c’est mignon, un cochon) (c’est mignon, une pomme) (arrêtons de manger, ça sera plus simple).

Souhaitez-moi bonne chance !

Bonne journée les amigos, et lavez-vous les coudes !

La poule pond

C’est quoi le problème avec les oeufs ? Depuis samedi 14, impossible de mettre la main sur une boîte de six. Le rayon est vide. Vous avez tous décidé de faire des gâteaux ? De bouffer de l’omelette à l’ail des ours ? Du soufflé au fromage ? Des chouquettes ?

Les poules n’ont pas cessé de pondre rien que pour me priver de mon oeuf quotidien (à la coque, au petit déjeuner, avec des mouillettes de mon pain frais)(j’ai une tendance légère à la parano, ça me réconforte) ?

Sait-on jamais, avec les poules, quand ça n’est pas la grippe aviaire, c’est la grève du croupion.

A moins que le problème soit similaire à celui du gel hydroalcoolique : les fabriquants en ont de pleines piscines, mais le flacon en plastique est en rupture. Les poules sont vautrées sur des monceaux d’oeufs (pas datés du coup), mais les boîtes ne sont plus fabriquées parce que tout le monde est confiné.

Je me sentais en harmonie avec mon oeuf enfermé dans sa petite coquille comme moi dans mon cocon. Je ne vais quand même pas m’identifier à la banane nappée dans sa peau ?

Ce qui m’angoisse, ce sont mes rêves. Depuis quelques jours, mes collègues de travail sont impliqués dans mes rêves : on se parle, on rit, on travaille, on se touche (soft, hein… Ça reste le boulot), il y a des méchants et des gentils et des gentils qui deviennent méchants et inversement. C’est très angoissant. J’espère que cet empiètement de ma vie professionnelle sur ma vie privée (pour ne pas dire intime) ne va pas durer trop longtemps.

Bonne journée mes poulettes, et lavez-vous les coudes !

La revoyure

Il est un peu tôt pour songer au moment où nous nous retrouverons à la machine à café. D’un seul regard nous saurons identifier ceux qui ont un jardin et ceux qui ont conservé une hygiène de vie (ce qui suppose qu’ils en avaient une… L’espoir réside dans l’idée qu’on puisse acquérir une hygiène de vie en phase de confinement).

Au risque d’en décevoir : les collègues ne sont pas ceux qui manquent le plus. D’une part nous sommes en contact toute la semaine (certains arrivent même à m’énerver comme avant, il suffit qu’ils restent eux-mêmes) (bienveillance, on a dit) et d’autre part nous sommes habitués à ne pas nous voir tous les jours, puisque nous évoluons sur plusieurs sites. Et puis la grève nous a magnifiquement entraînés !

Quant aux amis du quartier, nous les retrouvons principalement à la Cité U, lorsque les beaux jours arrivent. Nous maîtrisons totalement l’art de l’apéritif dînatoire. Il ne fait pas encore assez chaud pour y penser… Il suffit de ne pas y penser. N’y pensons pas.

Les autres amis (les amis de toujours), on les voit assez peu. Nous sommes perchés dans des arrondissements distants, chaque dîner est un plan de bataille.

Personne ne manque, finalement.

Sauf que ça serait trop simple ! Nous ne pouvons pas nous retrouver, nous avons donc férocement envie de le faire ! Vendredi 13, nos amis ont dit « On se revoit après le confinement ! » et on a tous bien rigolé. Ah ah. On en reparle dans un mois.

Bonne journée, amis, collègues et inconnus et lavez-vous les coudes !

Ça prend forme

On attaque la deuxième semaine de confinement, je ne suis pas sortie depuis lundi dernier, je porte des vêtements mous et je mange trop (quoiqu’on fasse, on mange trop).

J’ai mesuré mon fils pour voir combien de centimètres il va gagner à force de rester allongé… J’espère qu’il fera chaud quand nous sortirons, il pourra porter sa paire de jeans en bermudas.

La grande histoire, c’est qu’il va falloir sortir aujourd’hui ! Il n’y a plus de légumes, on ne va quand même pas attraper le scrobut (dents qui se déchaussent, hémorragies, décès) ?! J’en suis toute fébrile… Est-ce une infraction ? Une prise de risques démesurée ? Vais-je croiser des gens honteux comme moi de vivre en pleine débauche ? Dois-je acheter du sucre alors qu’on n’en mange pas, mais au cas où on en aurait besoin (ah non, le sucre n’aide pas contre le scorbut, donc pas besoin) ? Est-il prudent d’apporter ses contenants dans l’esprit « zéro déchet » ou vaut-il mieux prendre du tout emballé  » zéro Covid » ? Ai-je le droit de sortir accompagnée ? N’est-il pas plus prudent d’attraper le virus séparément ?

Dans la nuit, j’ai rêvé que je me réveillais à 7h14 au lieu de 6h. J’étais hyper stressée (dans mon rêve) par mon retard. Qu’est-ce que j’ai ri à 6h. Et j’en ris encore !

Bonne journée les confinés, et lavez-vous les coudes !

Pain quotidien

pain

Tout a commencé avec une « Grande histoire » d’Astrapi dans laquelle l’époux s’éloignait de sa femme parce qu’ils ne parvenaient pas à concevoir d’enfant. Dans une autre ville, loin d’elle, il apprenait à faire le pain, et lorsque l’apprentissage porta ses fruits, il comprit ce qu’était la vie et revint auprès de sa femme avec des miches rondes et dodues. Et ô surprise, sa femme l’accueillait à bras ouverts avec un ventre rond et dodu. Astrapi dans les années 70 proposait à ses jeunes lecteurs une « Grande histoire » dans chaque numéro. C’était une autre époque, à bien des niveaux.

Il n’est pas rare que je songe à cette histoire en pétrissant mon pain quotidien, en me demandant où niche la vie ? La vie niche où ? (Pour ceux qui ont lu « Où l’hibou niche ? » la réponse est évidente)

Sinon, vous avez bien lu : je pétris mon pain quotidien. Je me bénis chaque jour et chaque jour, je claironne à la cantonade « Il est bon ce pain ! ». Parfois, j’ajoute « Miam-miam ». On s’amuse bien à la maison…

C’est le moment de vous y mettre : autant d’eau tiède que de farine mélangées dans un bol recouvert d’un linge propre et posé dans un coin chaud, sans courant d’air. Vingt-quatre heures plus tard, retirez la moitié du mélange et remettez autant d’eau que de farine. Répétez durant trois jours. Votre levain naturel est prêt.

Vous pouvez l’utiliser pour confectionner du pain, de la brioche, de la pâte à pizza, des pains au lait… Procédez ainsi :

Prélevez la moitié du levain (comblez avec un mélange équivalent d’eau et de farine, remettez votre levain au coin) et mélangez-le à de l’eau tiède. Ajoutez la farine et le sel. Pétrissez jusqu’à ce que la pâte devienne douce. Laissez lever douze heures dans une jatte recouverte d’un linge propre. Collectez la miche et enfournez.

J’utilise de la farine bio (épeautre ou petit épeautre, parfois froment, une pointe de sarrasin pour corser l’affaire et uniquement de la farine de seigle pour le levain), du gros sel gris, de l’eau du robinet que je fais chauffer à 50° dans la bouilloire et je remets ensuite de l’eau du robinet pour qu’elle ne soit pas trop chaude. Je cuis mon pain dans un petit four d’étudiant à 180° pendant trente minutes.

C’est cool de ne pas faire la queue à la boulangerie en ce moment, non ?

Bonne journée les amis et lavez-vous les coudes !

Le bon côté

oignons

Tout comme vous (pure supposition), j’ai été surprise de découvrir qu’on peut acheter des oignons confits en boîte. Je me sens tellement en osmose avec le concept.

Je me suis dit « Bingo, confinement = économie de déo ! ». Heeeeee, finalement non. Je recycle ceux que j’avais mis de côté parce qu’ils n’étaient pas assez efficaces pour une journée active. Je peux désormais affirmer qu’ils ne sont pas efficaces du tout.

Songeons amis, à toutes les économies que nous faisons : semelles, maquillage, restaurants, cinéma, coiffeur, livres (vous allez me dire « et la vente en ligne bla bla bla » et je réponds « non, j’ai plein de livres non lus à la maison, j’espère qu’ils ne sont pas comme mon vieux déo. »), pneus.

Autre point positif : la météo, on s’en fout. Je peux vous dire que ça me libère un temps de cerveau considérable. Je n’ai plus à me demander quelles chaussures porter en cas de pluie, sachant que la paire étanche ne va pas avec la jupe marine, etc. Et puis je regarde mon vernis à ongles tomber tout seul. C’est aussi instructif que la décomposition de la feuille de laitue. On dit « Feuille de laitue », mais est-ce qu’on dirait « Feuille de feuille de chêne » ?

Tant de questions qui méritent d’être posées.

Bonne journée et lavez-vous les coudes !

Toi c’est rien, tu verrais machin !

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S’il vous arrive une tuile et que vous avez envie d’en parler, sachez que vous récolterez les pires histoires des amis de votre confident. Sur le ton « Oh, mais toi, c’est rien ce qui t’arrive, la belle-sœur de ma femme, c’était bien pire ! ». Après vous être égaré trente secondes dans l’arbre généalogique de machin, vous aurez la bonne fortune d’entendre la terrible histoire. Est-ce que ça fait du bien ? Non. Ou plutôt, je ne sais pas : ça dépend de l’issue. Si l’histoire se termine bien, votre cerveau turbine vers l’espoir d’un retournement joyeux (ah destin, quand tu nous tiens !), dans le cas contraire, c’est une petite virée qui vous entraîne au fond de la piscine.

Mais parlons-en, de cette tablette de chocolat, ce grand drame ! Alors qu’il y a des familles confinées à six dans des appartements vétustes et minuscules, des couples qui ne se supportent plus et d’autres qui vont augmenter le taux de natalité dans neuf mois et parlons aussi des célibataires, de leur terrible solitude (qui fait bien envie à la famille de six). Sans compter que parmi les couples au bord de la rupture, certains seront parents dans neuf mois, ce qui n’est pas une très bonne idée.

Il s’agit donc d’une tablette de chocolat Dardenne (maître chocolatier depuis 1897), 100% de cacao, zéro sucres ajoutés (est-il vraiment nécessaire de le préciser ?). Il est bio, fabriqué en France, à Luchon, au cœur de Pyrénées, au dos de la tablette, il est précisé :
Ce noir 100% ravit les amoureux de saveurs corsées et sauvages. C’est le goût originel de la fève de cacao torréfiée. Sa texture fine et fondante révèle l’intensité du cacao à l’état pur.

Sachons aussi qu’il y a des familles très heureuses qui s’épanouissent à la campagne.

Je vais faire mon mini carême et après, je serai meilleure (le chocolat aussi).

 

Bonne journée et lavez-vous les coudes !