Une bonne année

2016-12016-22016-32016-42016-5
Le premier article de l’année est un peu convenu, convenons-en. Tout ce qu’on peut souhaiter de bon, de meilleur, de doux, de léger, d’apaisant, de bienveillant, de savoureux, d’euphorique et de fécond, je vous le souhaite. Avec un supplément d’inconscience pour le revers de la médaille, et de spiritualité pour équilibrer les deux faces.
Bonne année à tous !
2016-6

Un amour de cantine

Cantine à la COP21La saison du tout, tout le tempsLa semaine du bonheur
Les enfants qui vont à l’école en France peuvent manger à la cantine. Ils n’ont pas besoin d’apporter leur déjeuner dans une petite boîte.
Le tarif de la cantine est fixé selon le revenu des parents.
Ainsi, chaque enfant (quelle que soit la situation de ses parents) peut déjeuner d’un repas chaud, équilibré, élaboré par des nutritionnistes, dans la pure tradition française : entrée, plat, fromage, dessert et pain.

La cantine scolaire est une invention formidable ! Mon petit cœur se serre, parce que je vais en dire du mal. Mais mon petit cœur  vert saigne à chaque fois que je constate que cette magnifique cantine se fout autant des saisons que mes voisins se fichent du tri. Et ça ne va pas. Cette cantine est l’endroit idéal pour apprendre aux enfants qu’en hiver on mange des choux, et qu’il ne sert à rien d’avaler de la viande tous les jours.

Alors heureusement, il y a la thématique COP21 cette semaine ! La cantine propose : plein de bio et des betteraves, de la mâche, du potimarron, des brocolis, des haricots verts (hic), des carottes, du chou-fleur… Et la semaine prochaine, on fait comme si rien ne s’était passé. Chut.

Je crois que si on ferme tous les yeux… on sauvera la vie de l’Homme sur terre (mais en même temps, hein ?).

La tomate est immortelle

Un grand jour

Mon fils,

Aujourd’hui est un grand jour, c’est le lancement de la COP21, mais j’en parlerai demain, car aujourd’hui, mon grand, tu n’as pas fini d’avoir honte de ta mère, tu as :

anniv1
anniv2

anniv3
Voilà, c’était la partie émouvante de l’histoire. Maintenant, voici la partie qui fait soupirer bien des jeunes citoyens, car mon fils :

anniv4

Ah, l’écrasante majorité…

anniv5anniv6
… et parfois, c’est un con (ou une conne) qui gagne les élections. Ce qui ne signifie pas que la France est majoritairement peuplée de cons, non, ça signifie que parfois, les moins cons ne votent pas. Et tu sais pourquoi ? Parce qu’à force d’affirmer qu’on est moins con que les autres, on finit par être bête.
Il ne faut pas laisser un con (ou une conne) gagner les élections…

anniv7

Là, je te vois venir (et je vous vois tous venir, j’ai des yeux partout), tu vas me demander :
1) Faut-il lire l’intégralité de tous les programmes pour bien voter ? Non car le mieux est l’ennemi du bien. Vote.
2) Est-ce que voter prend du temps ? Non, prétendre le contraire, c’est comme dire qu’un Vélib’ coûte cher, c’est du flan. Vote.
3) Dois-je voter comme mes parents ? Pas forcément. Mon frère vote probablement comme mon père, alors que moi non. Prends exemple sur moi. Vote.
4) Qu’en pense Dieu ? Je ne vois pas le rapport. Vote.
5) Comment choisir son candidat pas con ? Hé Hé… Vote.

Sans oublier l’essentiel : BON ANNIVERSAIRE !

Photomaton

planche1planche2planche3planche4

Usant du prétexte de mes retrouvailles avec un vieux stylo-plume, j’ai réalisé une série de portraits en noir. J’ai lu quelque part qu’il ne faut surtout pas, au grand jamais, dessiner avec un stylo-plume (je pense qu’il s’agit d’un conseil de Joann Sfar). Voila, c’est fait.

Heureusement, Sfar n’appartient pas à la police du dessin, d’une part il a d’autres chats à fouetter (he has bigger fish to fry, en anglais), d’autre part la police du dessin n’existe pas. Pourtant, il serait ludique d’inventer le Code du dessin…

Extrait :
Article 1 – Un dessin ne doit pas représenter plus de 20% de la page, au-delà il est soumis au Code de l’illustration.
Article 2 – Un dessin comporte un maximum de trois couleurs, au-delà il est soumis au Code de l’illustration.
Article 3 – La couleur rouge n’est pas autorisée.
Article 4 – Il est interdit de dessiner dans la marge, de même qu’il est interdit de dessiner à la marge.
Article 5 – Le dessin est exécuté dans le respect du code couleur : humour = bleu, satirique = vert, érotique = jaune, politique = noir.
Article 6 – Toute caricature doit être fidèle à l’original.
Article 7 – Les dessins faisant référence à des évènements (fêtes, élections, soldes, anniversaires) sont publiés dans une période ne pouvant excéder sept jours précédents et suivants l’évènement.
(…)

 

La meilleure façon de marcher

Kleine Shoes me Mon fils est champion de Kung-Fu Révélation PerfectionJ’ai commencé à acheter des souliers à l’âge de trente huit ans, pour contrer les méfaits d’un homme qui me faisait marcher. « Trouver chaussure à mon pied » devint un plaisir, moi qui avais longtemps préféré au pied ceint dans sa camisole de cuir, hissé pour moins fuir, le sabot plat de nos amis allemands, celui qui laisse liberté et souplesse, du talon aux orteils.
Au plaisir s’ajouta la récompense : à l’issue d’une série de réunions conflictuelles, mon index était autorisé à cliquer sur le bouton « Commander » de la paire convoitée depuis plusieurs semaines. La futilité hissée au rang de première nécessité mériterait presque un rabais de la TVA au bout de la cinquième paire !

Le monde des femmes se divise probablement en deux catégories : celles qui ont beaucoup de paires, et celles qui en ont deux (été/hiver). Ayant longtemps appartenu à la seconde, je me souviens encore du mépris que je portais aux collectionneuses, ces femmes superficielles qui ne pensent qu’à dépenser leur argent dans le seul but de posséder des biens matériels (et donner du travail à ceux qui les fabriquent).
N’y a-t-il pas une meilleure façon d’utiliser son argent ?

L’apparence mérite-t-elle que nous lui consacrions autant de minutes de pensée ?

Oui. Parce que certains matins, vêtements et souliers nous servent de tuteurs, il serait impossible -sans leur soutien- d’avancer jusqu’à son bureau et d’y abandonner sa liberté. J’aime travailler, mais s’il fallait y aller avec un uniforme, je serais moins emballée. C’est la raison pour laquelle je fuis les vêtements qui sont des « classiques », des « indémodables », ceux qui « vont avec tout ». La chaussure parfaite est forcément celle qui « ne va avec rien », puisqu’elle laisse le champ libre à la composition, à ma différence.

Et puis non. Il y a tant de livres à lire, d’histoires à connaître, de schémas à appréhender. Il y a tant de personnes qui ont besoin d’argent pour se nourrir.
Et puis oui, encore. Parfois on parle d’apparence, mais aussi de dignité : prendre soin de soi, être propre, être bien habillé, c’est avoir de la dignité. C’est appartenir au monde social.

Et puis peut-être. Parfois, je me demande ce que j’emporterais s’il me fallait partir, marcher sur la route pendant des jours. Emporter uniquement ce que mes bras peuvent porter : un savon, un livre (mais lequel ?), de quoi écrire et dessiner, une gourde, une boule de levain, une culotte, une couverture… ?
Pour les chaussures que je n’ai aucun doute. Je n’en choisirais aucune de ma collection, je chausserais cette paire de Dr Martens qui gardera mes pieds au sec, et les protégera des chocs.
Tout le long du chemin, je glisserais mes pieds dans des escarpins imaginaires, rêverais de lanières dorées et de fines semelles en cuir, de rubans noués à la cheville et de talons de bois, de semelles ailées m’emportant sur un tapis volant. Enfin, je n’en sais rien.

Dr Martens

La vérité, la bouche et l’enfant

Déception Je t'ai dessiné Trop pas ! Dessine-moi un moche Monstre ! Moche toi-mêmeMon fils n’a pas du tout cette tête-là, et moi non plus d’ailleurs. Nous serions sinon des héros fictifs dans un monde réel, ce qui me fait penser à Roger Rabbit, ce film que je n’ai pas envie de revoir. Dans la réalité, nous sommes un peu plus âgés, nos vêtements ne changent pas de couleur et de longueur de manche à chaque nouvelle phrase et nos cheveux, bien que raides, sont plus souples (un peu comme moi : bien que raide, je suis souple).

Ce qui était amusant, avec Jessica Rabbit, c’est que tout le monde faisait « wahou ! » lorsqu’elle entrait en scène, même dans la salle… Julia Roberts provoqua des émotions similaires deux ans plus tard dans Pretty Woman. L’une et l’autre représentaient un personnage de fantasme dans une fiction.

Deux films datés, dont on ne saurait dire s’ils ont bien ou mal vieilli… tant le vintage s’use !

On est habile, chez Dragon Ball Z !

San Doku Les mains et la queueEn ce moment, on est très « Dragon Ball Z », il y a deux semaines encore, on était plutôt « Pokémon ». Les voix de doublage sont incomparables : côté Pokémon, c’est l’hystérie ultra aigüe, de type j’ai vingt quatre ans, mais je fais semblant d’en avoir trois et d’être un chaton affamé.
Victiniiiiiiiiiii !!! Ah, que de souffrances chez Victini. Pauvre pauvre Victini, avec son sens du sacrifice, c’est le Jésus des Pokémon. Et puis il y a les cartes (actuellement en rupture chez l’éditeur), source incomparable de frustration chez l’enfant. On les gagne, on les perd, on les échange, on les a en double, il y a des légendaires et des toutes pourries… c’est comme dans la vraie vie. Les « textes » sont incompréhensibles et les pouvoirs subtiles. En dehors de ça, le Pokémon pense surtout à manger (ou alors mon fils regarde en boucle le même épisode), ce qui en ferait presque un être humain.

Les voix de doublage de Dragon Ball Z, ressemblent plutôt à J’ai neuf ans, mais on va dire que j’ai mué et que j’en ai vingt quatre. On se combat tout le temps chez Dragon Ball Z (ou alors mon fils regarde en boucle le même épisode). On a le cheveux hirsute et le sourcil froncé. Et puis, il y a le jeu vidéo : celui qui vous fait regretter que la manette ne soit pas en mousse. Clac-clac-clac-clac-clac………Clac-clac-clac….Clac…

Dans cinq minutes, on file au Parc !

Construction du Kinkaku-ji (en maquette)

Sens primaire Autre sens C'est cassé Simone détonneLes vacances sont propices au développement des aptitudes manuelles de l’enfant (et de l’adulte qui l’accompagne). Nous avons brillamment réussi à bâtir la réplique en métal doré du Kinkaku-ji de Kyoto, pavillon bouddhiste recouvert de feuilles d’or.
Construit au XIVe siècle, il a été incendié en 1950 par un moine qui avait voulu se suicider avec le temple (brave homme), lorsque nous autres le faisons avec le temps. Son sommet est surplombé d’un phénix, qui toujours renaît de ses cendres mais qui est super relou à manipuler lorsqu’il mesure quatre millimètres. Ma plus grande joie consiste à imaginer Sylvester Stallone essayant d’en faire autant… même sans gants de boxe, je ne suis pas certaine qu’il réussisse !

Admirez cette finesse…