Du nerf

Le cerveau a ses heures, semble-t-il. Je crois que le mien est cool entre 7h et 9h puis de 17h à 19h. Il est même super cool entre 17h et 19h. Potentiellement, il pourrait être cool jusqu’à 22h, mais ça tombe pile au moment du « tunnel du soir » qui est totalement bouché. Souvent j’emporte mon cerveau cool dans la cuisine où il taille des légumes en écoutant des podcasts, dont il ne retient rien, sauf si ça parle de sexe (mais non, c’est faux, j’écris ça pour augmenter mon audience).

Mais goddamned, comme disent nos amis, c’est le week-end, que n’ai-je besoin de me préoccuper de mon cerveau ? Que ne puis-je simplement le laisser se vautrer dans la médiocrité, l’aboulie, le déni de soi ? Mon cerveau, cet ado sempiternel cloué au canapé, rotant des litres de coca et riant gravement (il mue) aux blagues qui défilent sur son écran. Je ne bois pas de coca, c’est pour augmenter mon audience et avoir l’air normale que j’écris ça. Le coca, c’est utile contre la gastro.

Je vais l’emmener marcher, repousser la ligne d’horizon et lui montrer le ciel. Il va râler un peu, m’expliquer qu’il a la flemme, qu’il est fatigué et une fois dehors, mon petit cerveau sautillera partout, tel un caniche nain un peu pénible.

Allé hop hop hop, du nerf, on met le nez dehors sous son masque et on se lave les coudes en rentrant !

Sommeil sommeil

Laissez entrer le sommeil, Le sommeil donne la même couleur aux gens, sommeil d’été, Seul le sommeil surplombe tout, La nuit je dors… Vous connaissez la chanson, je ne vais pas vous faire un dessin : j’overdose de sommeil. Je ne sais plus comment avoir autre chose que la flemme.

Vacances obligent (je poursuis mon mi-temps vacances) je fais une sieste après le déjeuner, avec cette impression d’être changée en enclume, et de m’enfoncer aussi profondément dans le sommeil que dans le matelas, avec un engourdissement instantané de tout le corps. Un délice. Je dois dormir vingt minutes, pas plus. Ensuite je me lève pour « faire un truc », mais je pense n’avoir fait aucun truc depuis le début des vacances.

Le soir, je me couche à 22h30 maximum et je dors toute la nuit. Si j’atteins mon lit plus tôt, je lis. Avant la sieste aussi, je lis. Mais je m’endors presque instantanément. C’est assez frustrant, je n’ose pas prendre le livre à un autre moment de la journée, de peur de m’endormir !

Quelle ne fut pas ma joie, ce matin, d’ouvrir les yeux à 5h20 ! Aurais-je comblé mon déficit, rattrapé mon retard, touché le fond ? Vais-je remonter à la surface de ma vie et m’éclater en dansant toute la journée sur de la musique rock ? Vais-je saisir toutes les opportunités que m’offre la vie : nettoyer les carreaux, ôter les tâches de la moquette, laver le linge délicat à la main, repriser mes pulls tous déchirés au coude (le gauche), dépoussiérer les plinthes et les plaintes, lessiver les étagères de la cuisine, nettoyer chaque bocal, chaque ampoule, chaque tuyau ?

Vous le saurez dans le prochain épisode.

Bonne journée les éveillés et lavez-vous les coudes !