Je pimente mon couple

Hier soir, nous avons modestement fêté notre petite semaine sans alcool (et sans bière). Attention, ça n’a pas été la folie de nos jeunesses… Loin de là ! Ce que nous avons perdu en démesure, peut-être l’avons-nous gagné en matins productifs.

Conformément à la mode en vigueur, nous avons dîné sur le trottoir, le long des passants, dans cette étrange atmosphère de désapprobation et d’envie.

Nous sommes fascinants. Les libertés que nous prenons, individuellement ou collectivement interrogent les autres, c’est à dire nous concernent. Qui choisit de sortir, qui s’assied un peu trop près, qui pose la main sur le bras d’un autre, qui embrasse, qui se déplace avec aisance dans un monde en retrait. Le malaise assumé d’être servis, visage nu, par un serveur masqué. Ce déséquilibre qui s’installe.

Nous étions donc assis, de part et d’autre de cette table bancale, collée à la vitrine d’une boulangerie fermée, évitant de regarder les passants qui se retenaient de nous observer, quand un chien, probablement atteint de covid, choisit d’honorer le trottoir.

Nos amis canins sont bien malins.

Bonne fin de semaine !

A la cool

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Il arrive qu’un jour, l’horloge de votre ordinateur approche les 18h, et vous pensez « Tiens, je boirais bien une petite bière… ». Faut dire que vous avez bien travaillé, le nez sur l’écran, le dos presque droit, votre petit cerveau entièrement happé par des problématiques qui ne vous encombreraient pas dans le monde réel. Vous avez été dérangée vingt-cinq fois, et malgré tout, glorieusement, vous êtes parvenue à accomplir votre travail. Ouais. Yes, comme on dit là-bas. Le système de récompense s’enclenche, et la bière devient un eldorado tout à fait envisageable. Vous salivez.

Arrive cette petite pourriture de voix qui vous susurre que vous êtes probablement alcoolique. On parle de 4,5° d’alcool, rétorquez-vous. Mais n’est-ce pas l’intention qui compte, reprend la petite pourriture. L’intention, cette fameuse intention qui bouleverse le cours des campagnes électorales et alourdit le verdict du juge. L’intention, c’est ce qu’il y a de pire. Je me méfie de l’intention qui déplace les virgules et vous fait passer de 4,5 à 45°. Vous vous êtes enivrée avec l’intention de le faire (genre, je vais me mettre minable)! Vade retro alcoolo, comme on disait là-bas.

Quittez votre poste de travail en déclarant que vous avez piscine, n’avouez jamais que vous avez bière (surtout pas une pinte !). Encore, il y a vingt ans, je ne dis pas… mais en 2018, l’alcool est démodé. L’intelligence aussi, me direz-vous, bien qu’il n’y ait pas spécialement de rapport entre les deux.

Alors quoi faire ? Boire sa honte jusqu’à la lie ou s’en foutre ?

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