
Hier soir, nous avons modestement fêté notre petite semaine sans alcool (et sans bière). Attention, ça n’a pas été la folie de nos jeunesses… Loin de là ! Ce que nous avons perdu en démesure, peut-être l’avons-nous gagné en matins productifs.
Conformément à la mode en vigueur, nous avons dîné sur le trottoir, le long des passants, dans cette étrange atmosphère de désapprobation et d’envie.
Nous sommes fascinants. Les libertés que nous prenons, individuellement ou collectivement interrogent les autres, c’est à dire nous concernent. Qui choisit de sortir, qui s’assied un peu trop près, qui pose la main sur le bras d’un autre, qui embrasse, qui se déplace avec aisance dans un monde en retrait. Le malaise assumé d’être servis, visage nu, par un serveur masqué. Ce déséquilibre qui s’installe.
Nous étions donc assis, de part et d’autre de cette table bancale, collée à la vitrine d’une boulangerie fermée, évitant de regarder les passants qui se retenaient de nous observer, quand un chien, probablement atteint de covid, choisit d’honorer le trottoir.
Nos amis canins sont bien malins.
Bonne fin de semaine !

