Chemin de traverse

Je n’ai pas besoin d’expliquer l’époque à mon fils, il l’a très bien comprise. Heureusement, parce que je serais bien embêtée si je devais décrire la panade dans laquelle nous sommes. Et bonne chance pour en sortir !

Quand j’étais ado, le discours parental était assez limpide : si tu obtiens le bac, tu passes ton permis de conduire ; si tu le rates, tu vas en pension. Le premier jalon de ta vie était posé. Déjà tu savais quoi faire de tes dix-huit premières années. Tu étais sur des rails, le paysage défilait, avec les petites vaches disposées sur l’herbe. Les petites vaches qui donnaient du bon lait riche en calcium pour être en bonne santé.

Aujourd’hui on sait que le réseau ferroviaire s’est dégradé, qu’une laiterie n’est pas une prairie verdoyante, que boire du lait n’est pas un gage de bonne santé. On sait aussi que la Vache qui rit® n’est pas un fromage et qu’il n’y aura pas forcément un examen à passer pour décrocher le bac.

Je force le trait pour le réseau ferroviaire, c’est mon côté parisienne… Avant on parlait moins de la chaleur qui dilate les rails, des feuilles mortes qui les encombrent, du froid qui freine, des grèves qui bloquent. De quoi parlait-on d’ailleurs ?! De littérature ?

Je force le trait pour ma jeunesse : je n’ai pas mon permis de conduire, malgré mon bac.

Je ne force pas le trait pour l’époque, que je ne fais qu’évoquer mais que je trouve flippante, sans doute parce que je n’ai pas le permis.

Un jour après l’autre : d’abord on va traverser la rue.

On regarde à droite, puis à gauche et encore à droite, et bien-sûr… On se lave les coudes !

Quoi de neuf ?

Salutations dominicales mes amis !

Je n’allais tout de même pas vous laisser seuls un dimanche soir… Là où sévissent le pique de déprime et l’angoisse, l’envie de s’éteindre à petit feu, la lassitude des lundis toujours recommencés.

Il vous manque, votre dimanche d’avant confinement ? Quand les actions de la semaine commençaient à mouliner dans votre tête, qu’il fallait se poser la question du costume à endosser, du dossier à pitcher, de la conversation pénible à préparer, de la réunion inutile à se fader ?

Ce moment crucial, entre 18h et 19h où vous songez que ça y est, c’est la fin du week-end… Demain vous ferez entrer votre cerveau dans cette boîte trop étroite et céder votre « liberté » en échange d’un salaire qui vous affranchit. A quand remonte la dernière fois où c’était bien, où c’était bon ? Où c’était juste ?

J’espère vous avoir bien remonté le moral. Demain je vous parle marmite : en France on ne pense qu’à manger, c’est bien connu.

Profitez de ce beau soleil derrière la fenêtre. Bonne soirée les confinés et lavez-vous les coudes !