Fétiches et oripeaux

Je fais un travail sur moiUn divan de vêtementsQue garder ?Ils me portent la poisse
Les hommes...
François HollandeParapluie

Les vêtements. Vaste sujet.
Sans vêtements, je suis nue (et je ne suis pas la seule). J’ai dans mes placards des montagnes de questions, et une seule paire de bottes. Une paire de bottes qui me galbe le mollet depuis bientôt cinq ans, alors que tout le monde prétend que l’amour n’en dure que trois. Mes bottes à moi, elles me parlent d’aventure, avec leurs talons de sept centimètres, avec cette couleur indéfinie que certains nomment « taupe » par paresse intellectuelle, avec ce long zip au feulement envoûtant lorsqu’il remonte vers le genoux (et un peu dégobillant lorsqu’il descend vers la cheville).
Mes chaussures préférées ont sept centimètres de talons, c’est ma hauteur, c’est mon chiffre. C’est un bon chiffre. Je ne devrais pas conserver mes vêtements au-delà de sept ans.

J’ai un pantalon Cacharel vert (vert d’eau, précisément celui-ci : #add97e), le genre de pantalon à la coupe précise, au tombé parfait, au tissu caressant. Un pantalon dont n’importe quelle fille aurait du mal à se défaire. Je le portais au mariage de Julie… … … … Ceux qui me connaissent savent exactement ce que je mets dans cette succession de points de suspension (les autres feront preuve d’imagination). A chaque fois que je glisse mes jambes dans celles du pantalon, je repense au mariage de Julie. Cela fait trois ans à présent que je ne l’ai pas porté, et cela fera bientôt huit ans que Julie est mariée. Dans dix minutes, je l’enfourne dans le sac à donner.

Mais que faire de cette robe ? Elle est jeune encore, elle a été fabriquée en France, elle est en coton bio, elle est magnifique (bien qu’elle me fasse un tour de taille de Bidibule), elle a du style. A chaque fois que je passe ma tête dans son col, je repense au jour où je me suis retrouvée dans le bureau de Big Big Boss lorsqu’il m’a proposé cette mission pas géniale, qu’il aurait fallu accepter, mais que j’ai refusée (d’ailleurs, j’ai eu raison). Je me sentais divine dans cette robe que je portais pour la deuxième fois, mais lorsque je suis ressortie du bureau, j’étais une petite crotte.
Le pouvoir des hommes de pouvoir est fascinant.
Il est trop tôt pour me séparer de ma robe-oiseaux… mais à quoi sert de la garder ?

Nous, les femmes, nous avons vraiment des problèmes avec nos vêtements honnis ou chéris.