Vraie nature

J’écoute des podcasts féministes. Lorsque les protagonistes ont mon âge, ou dix ans de moins, elles disent souvent que les jeunes d’aujourd’hui sont en avance, qu’elles sont plus vigilantes que nous au même âge. Tu m’étonnes ! Qu’est-ce qu’on a pu nous répéter de bien nous tenir, de répondre gentiment, de dire merci même si le compliment est douteux, de ne pas faire de vague, de nous attacher les cheveux, de nous écraser. J’ai bénéficié récemment des conseils d’une aînée pour régler une « situation » avec un con (je dis con, pour résumer) : il faut l’ignorer. Et moi qui croyais que l’ignorance n’avait jamais résolu un problème ! Je devais me tromper…

Moi aussi, je trouve les jeunes plus éveillées (et tant mieux), sans doute n’ont-elles pas été bercées aux mêmes illusions. La théorie que je préfère est que l’homme traite la nature comme il traite la femme. D’où l’état du monde. Et toc, ai-je envie de dire. J’entends d’ici les dents grincer, et les « oui mais les femmes aussi elles polluent avec leurs tampons ». Et je me marre. Puis-je argumenter ? Difficilement : je suis un pur produit de ma génération provinciale, je sais être polie, m’asseoir correctement, porter des vêtements décents, me taire, rire aux blagues misogynes. L’enjeu consiste à brosser à rebrousse poils tout ce fatras, quitte à m’entendre dire que j’ai passé l’âge.

Ma vraie nature est dans le flou.

A demain les amis et lavez-vous les coudes !

Langage corporel

J’ai perdu un moyen d’expression en faisant disparaître la moitié inférieure de mon visage. Le sourire fait passer un bonjour-merci, il aide l’humour à couler, il permet de garder le silence dans certaines circonstances. Il paraît qu’on peut sourire avec les yeux, certes, mais c’est parier sur une gigantesque capacité de discernement dans le camp d’en face.

J’ai remplacé le sourire par un petit geste de la main qui me donne l’impression d’avoir cinq ans. Un petit galop de l’index et du majeur, dont je me demande s’il a un sens en langue des signes. Comment signer sans le bas du visage ? J’ai observé la traductice en médaillon du Président, je ne vois pas comment elle ferait sans la bouche.

Et puis ce truc facile : avec un jean et un pull tout simple, il suffit d’un beau rouge à lèvres pour être élégante. C’est mort. Adieu féminité.

Autant rester chez soi.

Bon dimanche et lavez-vous les coudes !

L’été mou

Pauline Buzy Pauline Buzy Pauline Buzy Pauline Buzy Pauline Buzy projets5 Pauline Buzy

Le bibi, le bibi, le bilan :

Pauline Buzy Pauline Buzy

 

Il faut bien le dire :

Ces projets entrent dans le périmètre de mon métier de rêve : femme de chirurgien
(houlalala, que les féministes se retiennent de me décapiter : je ne prône pas le retour de la Femme au foyer, je milite pour un métier qui correspond aux aspirations de chacun/e).

Et vous savez quoi ???
Eh bien aujourd’hui je suis retournée au bureau.
Bilan : même pas mal.

Intuition féminine

Ami garçon, passe ton chemin.

L’intuition féminine est une affaire de femme, comme tu le sais.

Voyez-vous, amies femmes, j’ai une intuition…

Pauline Buzy Pauline Buzy(en vrai, je ne porte pas de vernis sur les ongles des mains)Pauline BuzyMon constat est le suivant : mon corps en l’absence de règles est svelte, mes cheveux joyeux et ma peau lumineuse (je suis une créature de rêve,
autant le préciser tout de suite).
Cette merveille de la nature que sont les règles donne à mon corps un aspect sympathiquement gonflé, quelques boutons s’épanouissent sur mon visage, telles les pâquerettes sur la pelouse et
mes cheveux baissent d’un cran.

Pauline BuzyÉvidemment, l’humeur accompagne parfaitement cette démonstration physique : je suis d’une humeur de chacal.

Et c’est là, chère amie, que mon petit doigt m’a dit :
la ménopause, ce sera comme avec les règles,
sauf que ça sera sans.

ô joie.

Si j’étais un homme…

Pauline BuzyPauline BuzyPauline BuzyPauline Buzy

 

Telle Diane Tell en son temps, il m’arrive d’imaginer toutes les opportunités qui s’offriraient à moi « Si j’étais un homme ». Eh bien je peux le dire : je ne serais pas capitaine, d’ailleurs rien n’empêche une femme de l’être. En revanche, avoir un vélo de course, avec le guidon en bélier, le cadre bien droit et une vieille selle en cuir… c’est beaucoup plus amusant.

Dans « Flashdance », la fille conduisait un vélo de course (et le monsieur une voiture de course) ; mais voilà :

images

 

C’est impossible.

La femme enceinte

Enceinte_Pauline BuzyParfois, je croise une femme enceinte toutes les dix minutes. Dans ces cas-là, je vérifie que je me situe à proximité d’une maternité (mon smartphone est capable de le faire). Si c’est le cas : tout va bien. Si ça n’est pas le cas, il existe plusieurs possibilités :

  1. Le ciel m’envoie un message,
  2. Il y a une épidémie de grossesse,
  3. Il y a un homme ambitieux dans les parages,
  4. Il y a une secte dans les parages.

Si c’est le cas quatre (je suis dans le cacatre !), je sais qu’il ne faut pas exclure les trois autres.

Mais la plupart du temps,  je me dis que c’est chouette, toutes ces femmes qui font des bébés, et je me permets de douter de la crise et de la catastrophe écologique qui nous attend.