Jauge

Coucou !

Je fais toujours coucou lorsque j’ai la tête en bas, mais d’habitude personne ne me regarde. Etrange abîme.

Aujourd’hui, dimanche 21 juin 2020, jour de Fête de la musique dans une queue d’épidémie. Je me souviens de la première en 1982, de l’effervescence, du climat joyeux et du parfum de liberté. La fête était improvisée, on ne savait pas encore qu’il y en aurait d’autres. Les premières années, c’était chaque fois une aventure.

Les événements se sont organisés, avec de grosses scènes sur les grandes places, mais toujours des petits courageux aux coins des rues, avec leur crin-crin timide sous le menton ou la flûte au bec. Et nous, badauds nostalgiques, fuyant la foule agglutinée au podium des grosses pointures, captant les sons mal balancés des amateurs de café.

Cette année je ne sais pas. Déjà quand ça tombe un dimanche, c’est moins festif. Il n’y aura pas a fuir les grands rassemblements. Flâner dans les rues me donnerait l’impression de me rendre au chevet d’une mourante. Cette vieille fête que d’année en année on dit moins en forme, qu’on peine à rendre joyeuse. Notre patrimoine.

Il est encore tôt. Tout est calme. Attendons les premières notes.

Bonne fête aux musiciennes et musiciens ; et lavez-vous les coudes !

Vent de fête

J’avais prévu ce matin un texte sur les marqueurs sociaux du passage à l’âge adulte.

Mais pauvres amis ! Les voisins s’en sont donnés à cœur joie cette nuit, remplissant de leurs rires et éclats de voix l’espace resserré de ma chambre à coucher ! J’avais encore l’impression de les entendre au petit matin. Ah Charlotte, tu es une vraie pote, Charlotte tu dépotes (j’ignore combien de fois ce prénom a été prononcé). Charlotte poivrote, je n’envie pas ta gueule de bois ce matin.

Je ne suis pas en état d’écrire sur les marqueurs sociaux du passage à l’âge adulte. Je replonge une fois encore dans mes archives d’inédits et voilà ce que j’ai trouvé (voir supra). Aujourd’hui, je suis en carence de sommeil, je vais être d’une humeur de dogue, je vais me traîner, je vais pleurer et maudire cette fichue nature qui réclame ses huit heures de sommeil par nuit. Les intelligents du monde dorment en moyenne quatre heures. Ils font TOUT. Ils apprennent TOUT. Ils vont sur la LUNE. Ils sont TOUJOURS contents et pensent plus VITE que nous… Enfin que moi, humble créature normale.

Tenez bon les amis, et lavez-vous les coudes.