Il est heureux de savoir où glander

On n’emploie plus trop « glander », c’est un verbe désuet, un peu vulgaire, un peu populaire, la mâchoire s’effondre à la prononciation de « glande ». J’aime la glande, ça fait amateur d’abats (pas ABBA, Knowing me knowing you ha-ha), c’est boucherie du temps libre. Maintenant on aimer chiller. On chille sur canapé, on chille dans les parcs et jardins, on chille avec son chien ou avec ses copains. On chille bien entendu le dimanche matin, si on est deux, on peut se chiller dessus. Chiller, c’est la nouvelle glande ; mais entre temps on a goûté aux joies du farniente et c’était d’une distinction supérieure. Il n’y a pas de verbe d’action pour farniente, on n’a pas farnienté en Italie, on a glissé dans le farniente, comme au fond de la piscine. C’est doux, c’est élégant, c’est suranné, c’est terminé. On avait un costume blanc et les pieds nus dans les mocassins, on portait une robe fluide dont la bretelle fine glissait sur l’épaule. C’était toute une histoire dans un seul mot.

Glander permet de glandouiller, version effleurée de la paresse, la glandouille est insouciante et passagère. On glandouille entre deux trucs, le nez en l’air, l’air de kiffer les nuages. Nul ne chillouille, nul ne farnientouille, mais on pourrait cependant farnientouiller son thé un mardi après-midi, ce serait charmant.

Tout ça pour dire que ça reste l’une de mes activités préférées, glander.

Bonne journée les glandouilleurs et lavez-vous les coudes !