
En temps normal, je me force toujours un peu à sortir de la maison. C’est une vaine occupation que de passer du temps à l’extérieur quand il y a tant à faire à l’intérieur.
Les murs de mon appartement circonscrivent ce que j’aime le plus au monde. Et ils n’en font pas partie, c’est à dire que ce pourrait être un autre appartement, une autre maison, une autre chambre pourvu qu’elle soit mienne. Cet aspect de moi n’est pas passé avec l’âge, tout comme il n’est pas venu avec lui. Rester dans ma chambre, ne pas aller à l’école, garder le silence, bricoler mes bricoles est tout ce que j’aurais souhaité, enfant.
Quelle espèce d’adulte serais-je alors devenue ? J’aurais placé au coeur de mon quotidien tout ce qui s’en situe à la périphérie. J’aurais goûté le monde à dose homéopathique et sa saveur en aurait été plus prégnante, j’aurais emporté un fragment de son bruit qui détaché du brouhaha aurait révélé une histoire. Et j’aurais joué longtemps avec cette saveur et cette histoire, je les aurais multipliées.
On peut toujours se prendre à rêver. Contactés pour l’évoquer, les proches de Christophe ont dit qu’il avait vécu confiné toute sa vie. Comment faire autrement, si on veut créer ?
Bon week-end ensoleillé les amis , et lavez-vous les coudes !