Où tousser

Cet article devait initialement porter le titre de Foule cubitale en référence à la chanson de Souchon dont on a beaucoup parlé en début de confinement. J’ai pensé recueillir zéro clic avec un titre aussi abscons, je me suis abstenue.

En ce jour de sortie de confinement (pour aller où, je vous le demande), il me semble important de localiser ce coude dans lequel on nous encourage à tousser. En règle générale, évitez de tousser ou d’éternuer, si vraiment vous ne sauriez faire autrement, ne vous trompez pas ! Choisissez le pli, la saignée, la partie antérieure, celle qu’on pourrait nommer l’aisselle (imberbe) du coude. Parfois on l’appelle fosse, ce qui m’évoque un lieu bien plus vaste que la réalité.

Nommer les parties du corps n’est pas une mince affaire. Dites omoplate et n’importe quel professionnel de santé vous jaugera avec condescendance, de nos jours il convient de le nommer scapula. Curieusement, on dit « je me suis cassé le bras », alors qu’il faudrait annoncer l’os précis qui est cassé au sein du bras. Mais personne ne vous reprendra, on s’inquiètera plutôt de savoir, sur une échelle de un à dix, où se situe votre douleur.

La question (où tousser ?) est néanmoins caduque, car à partir d’aujourd’hui, chacun tousse dans son masque. Et parle sans son masque. Et rote dans son masque. Et c’est tant mieux. Il faudra en revanche accompagner le sourire d’une gestuelle spécifique si on veut rester avenant.

Comme annoncé par tous les experts, aujourd’hui, lundi 11 mai, après des semaines d’une météo radieuse qui s’est déroulée sans nous, la pluie triomphante accompagne nos premières sorties (sourire).

Bonne journée les amis et lavez-vous les fosses cubitales !

S’habiller

rien-a-me-mettre

Si comme moi votre tiroir déborde de vêtements de créateurs (oui, je déborde de vêtements de créateurs, vous venez de le lire), vous connaissez l’immense solitude de votre petite culotte lorsque plus rien ne lui sied. Ces matins-là, enfilez votre pull-doudou, celui qui va avec tout, avec la Bretagne et la Normandie. Plus qu’un pull, c’est un ami que vous avez là, celui qui sourit, même quand vous êtes moche. Car moche, vous l’êtes, si vous n’avez plus rien à vous mettre (voir plus bas).

S’apprivoiser

moche

Au matin, il arrive parfois que vous êtes moche, alors que la veille, tout allait bien. Oui mon amie, la vie est mal faite et vous aussi. Farder sa bouche, ça n’est pas tant que c’est efficace, c’est surtout qu’après vous n’avez plus le temps de rien, sauf de quitter votre foyer réconfortant pour exposer votre mochitude aux yeux du monde (qui s’en cogne, si ça peut vous rassurer).