Évaporation

Curieusement, je me souviens du jour où j’ai réalisé que je n’étais plus capable d’écouter une conversation en faisant autre chose. J’ai repensé à ce « vieux » collègue qui me demandait de ne pas lui parler pendant qu’il tapait une requête. Je m’étais moquée de lui.

Hier, pendant une réunion (forcément téléphonique), j’ai recherché un mél et j’ai totalement occulté la conversation. Bim, blanc total : aucune notion, pas un indice concernant ce qui venait d’être dit. Ça fait des années que j’ai perdu mon super pouvoir multitâche, mais je continue à surestimer mes capacités.

J’ai la nostalgie de mon ancien boulot, on riait beaucoup, c’était intellectuellement et humainement stimulant (ça ne signifie pas facile), j’avais de vrais amis, jamais mal au dos, pas de rides et pas de cheveux blancs. J’avais des illusions. Honnêtement, ça n’était pas le paradis non plus, mais j’avais un cerveau alerte, capable d’assimiler et de connecter les informations entre elles.

Je me retrouve à la tête d’un animal lent, au bord du trop-plein et qui passe son temps à refuser l’information en hurlant « fous-moi la paix ». J’ai envie de le perfuser à la caféine pour qu’il bouge son QI. Parfois je me dis qu’un long hurlement continu pourrait le décongestionner, sinon le réveiller.

A demain les têtes pensantes et lavez-vous les coudes !

A prendre !

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Vous pouvez répéter la séquence plusieurs fois.
Le yoga pour les pieds (contre toute attente) restaure les connexions neuronales, il participe donc à l’entretien de la mémoire.

J’étais persuadée avoir déjà dessiné cette séquence il y a trois ou quatre ans. Après une fouille approfondie dans les articles anciens (plus de 300, Mazette ! et après je m’étonne de n’avoir le temps de rien) il semblerait que ce soit la première fois que je vous ouvre mon yoga des pieds. J’en profite également pour vous confier mon mantra préféré « Bougez votre corps, avant d’être mort. »

A part ça, il fait beau. Vivement demain que je retourne au travail.

Hey ! C’est cool le caca ;-)

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Trop cool mon caca ! En deux ans d’activité, il est l’article qui a récolté le plus de visites.
Bravo à vous, chers lecteurs, je sais combien cette information vous touche, tant elle révèle votre désir d’un monde meilleur et votre appétence pour les vies exemplaires (mais qui voudrait d’une vie parfaite, hein ?).
A la découverte de ce titre accrocheur, vous avez pensé « Enfin ! du sang, de la chique et du mollard ! », comme on le scandait si fort dans la cour de récré à l’aube de nos neufs ans (surtout les garçons, si je puis me permettre).
Si vous souhaitez revivre le moment Ken Loach de ma vie, il est ici.
235 articles auparavant, il y a eu le tout premier : Révélation. En ce temps-là, je photographiais mes dessins, j’avais une coiffure de merde et mauvaise mine.
Je vous ai présenté les 20 centimètres de Mon homme, et je vous ai même expliqué ce que j’en ferais, si j’étais un homme.
Ensuite, je me suis essayée à la chanson dessinée, et là ce fut Waterloo (water l’eau, pour les fans de pléonasme).
Un soir, alors que je gribouillais dans mon carnet de croquis, Cornette est arrivée avec ses cornes et sa culotte. Moi le renard est en 35 épisodes à l’encre de chine.
Ensuite j’ai adapté un texte que j’avais écrit il y a plusieurs années, Je (re)viens de loin… et je n’ai pas fini ! Il me reste quelques planches non publiées sous le coude… ça s’en va, on ne sait jamais quand ça revient.
A ma grande surprise, après sept mois à personnalités multiples, je suis revenue avec mes joues rouges. Un peu plus tard, je découvre la couleur, le scanner et François Hollande (dans le même article).
J’aurais aussi, au cours de ces deux années formidables passées en votre compagnie, créé un royaume (la Papucherie) et réalisé une vidéo. Et pendant tout ce temps, merci, vous m’avez suivie…

Alors qu’est-ce qu’on dit ?

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Fétiches et oripeaux

Je fais un travail sur moiUn divan de vêtementsQue garder ?Ils me portent la poisse
Les hommes...
François HollandeParapluie

Les vêtements. Vaste sujet.
Sans vêtements, je suis nue (et je ne suis pas la seule). J’ai dans mes placards des montagnes de questions, et une seule paire de bottes. Une paire de bottes qui me galbe le mollet depuis bientôt cinq ans, alors que tout le monde prétend que l’amour n’en dure que trois. Mes bottes à moi, elles me parlent d’aventure, avec leurs talons de sept centimètres, avec cette couleur indéfinie que certains nomment « taupe » par paresse intellectuelle, avec ce long zip au feulement envoûtant lorsqu’il remonte vers le genoux (et un peu dégobillant lorsqu’il descend vers la cheville).
Mes chaussures préférées ont sept centimètres de talons, c’est ma hauteur, c’est mon chiffre. C’est un bon chiffre. Je ne devrais pas conserver mes vêtements au-delà de sept ans.

J’ai un pantalon Cacharel vert (vert d’eau, précisément celui-ci : #add97e), le genre de pantalon à la coupe précise, au tombé parfait, au tissu caressant. Un pantalon dont n’importe quelle fille aurait du mal à se défaire. Je le portais au mariage de Julie… … … … Ceux qui me connaissent savent exactement ce que je mets dans cette succession de points de suspension (les autres feront preuve d’imagination). A chaque fois que je glisse mes jambes dans celles du pantalon, je repense au mariage de Julie. Cela fait trois ans à présent que je ne l’ai pas porté, et cela fera bientôt huit ans que Julie est mariée. Dans dix minutes, je l’enfourne dans le sac à donner.

Mais que faire de cette robe ? Elle est jeune encore, elle a été fabriquée en France, elle est en coton bio, elle est magnifique (bien qu’elle me fasse un tour de taille de Bidibule), elle a du style. A chaque fois que je passe ma tête dans son col, je repense au jour où je me suis retrouvée dans le bureau de Big Big Boss lorsqu’il m’a proposé cette mission pas géniale, qu’il aurait fallu accepter, mais que j’ai refusée (d’ailleurs, j’ai eu raison). Je me sentais divine dans cette robe que je portais pour la deuxième fois, mais lorsque je suis ressortie du bureau, j’étais une petite crotte.
Le pouvoir des hommes de pouvoir est fascinant.
Il est trop tôt pour me séparer de ma robe-oiseaux… mais à quoi sert de la garder ?

Nous, les femmes, nous avons vraiment des problèmes avec nos vêtements honnis ou chéris.