Table rase

J’ai rangé. Oh, rien de spectaculaire… Quelques papiers ont pris le chemin de la poubelle, les copeaux de crayon et autres rognures de gomme ont été aspirés. Un béotien ne remarquerait rien. Il faut être humble au quotidien, sinon c’est la déprime. J’adore ceux qui disent « Moi je range un peu tous les jours », ceux qui suivent des méthodes (d’abord les vêtements, puis les papiers…), ceux qui ont un coach ; mais mes préférés sont ceux qui ont un cagibi ou une pièce inutilisée dans leur appartement. Ah la grande pièce qui n’a aucune fonction et qui au fil des ans se remplit de tout, mieux qu’un grenier, elle est dans le même couloir que le salon. Au début c’était une chambre d’amis, mais le lit était pourri et les amis ne sont jamais venus y dormir. Peut-être à cause de l’ambiance pesante au petit-déjeuner, ou de la salle de bain humide, ou des toilettes jouxtant la chambre des enfants. Ou de l’impression d’être un intrus. C’est difficile de dormir chez l’habitant lorsqu’il n’est pas hôtelier. Je connais peu de parisiens qui ont un grenier de plain-pied, c’est un luxe de province.

Il est un peu tôt pour mesurer le bénéfice du rangement sur mes capacités intellectuelles… Laissons passer la semaine et voyons.

Bon lundi les amis et lavez-vous les coudes !

Sommeil sommeil

Laissez entrer le sommeil, Le sommeil donne la même couleur aux gens, sommeil d’été, Seul le sommeil surplombe tout, La nuit je dors… Vous connaissez la chanson, je ne vais pas vous faire un dessin : j’overdose de sommeil. Je ne sais plus comment avoir autre chose que la flemme.

Vacances obligent (je poursuis mon mi-temps vacances) je fais une sieste après le déjeuner, avec cette impression d’être changée en enclume, et de m’enfoncer aussi profondément dans le sommeil que dans le matelas, avec un engourdissement instantané de tout le corps. Un délice. Je dois dormir vingt minutes, pas plus. Ensuite je me lève pour « faire un truc », mais je pense n’avoir fait aucun truc depuis le début des vacances.

Le soir, je me couche à 22h30 maximum et je dors toute la nuit. Si j’atteins mon lit plus tôt, je lis. Avant la sieste aussi, je lis. Mais je m’endors presque instantanément. C’est assez frustrant, je n’ose pas prendre le livre à un autre moment de la journée, de peur de m’endormir !

Quelle ne fut pas ma joie, ce matin, d’ouvrir les yeux à 5h20 ! Aurais-je comblé mon déficit, rattrapé mon retard, touché le fond ? Vais-je remonter à la surface de ma vie et m’éclater en dansant toute la journée sur de la musique rock ? Vais-je saisir toutes les opportunités que m’offre la vie : nettoyer les carreaux, ôter les tâches de la moquette, laver le linge délicat à la main, repriser mes pulls tous déchirés au coude (le gauche), dépoussiérer les plinthes et les plaintes, lessiver les étagères de la cuisine, nettoyer chaque bocal, chaque ampoule, chaque tuyau ?

Vous le saurez dans le prochain épisode.

Bonne journée les éveillés et lavez-vous les coudes !