Ma semaine sans Instagram

Ô Instagram, gouffre de mes heures vacantes, aliénation de ma liberté, comme je suis soulagée de te laisser de côté !

Je ne blâme pas Instagram d’avoir dissous mes précieuses minutes qui si elles l’avaient vraiment été ne seraient pas allées s’y gâcher (quelle phrase improbable). Je me blâme seule de ma faiblesse. Yes. Plusieurs fois par an, je décide d’arrêter et j’y reviens comme on achète un magazine people au milieu de l’été pour voir la tête du nouvel amoureux de Stéphanie de Monaco ou Sophie Marceau (ne serais-je pas d’un autre siècle ?). Quelle n’est pas ma joie de retrouver le temps de consulter avec curiosité la conjugaison du verbe dissoudre, qu’on ne m’avait pas apprise à l’école.

On dit « j’ai dissous le vin dans l’eau » et « vous avez dissoutes l’assemblée ». C’est formidable. « Nous eûmes dissoutes ce vilain vernis à ongles ». J’adore. Je vais dissoudre plus souvent. Je vais dissoudre mes mauvaises habitudes dans une bassine de cercles vertueux. Chaque jour un nouveau verbe, pour atteindre le stade supérieur de mon évolution (je me prends pour un Pokémon, j’évolue) (d’ailleurs je n’ai pas saisi le but de l’évolution chez le Pokémon) (consommer moins de plastique ?).

Ces heures précieuses que je me lègue seront bien employées, je vous le promets.

Bon mardi chers lecteurs et lavez-vous les coudes !

Charmantes créatures

Mon élevage involontaire de mites croît et je risque de vous en parler pendant des mois, à moins que mon fils ne les extermine toutes ou qu’elles volent vers le vaste monde par la fenêtre grande ouverte. Volez volez petites mites avec vos ailes de poussière ! Pourquoi rester confinées alors que rien ne vous y oblige ? Chaque créature est motivée par ses instincts intrinsèques, et je pense, après moults réflexions que la mite est sourde et mon fils ultra drôle.

Suis-je objective ? Non ! Lorsque mon fils répond « caca » à toutes mes questions, je m’enroule de rire sur la moquette du salon (on se déchausse en rentrant, je peux me vautrer sur la moquette, ne faites pas cette tête). En ce qui concerne l’avenir de l’homme sur la planète, mon fils est assez pessimiste : c’est game over en 2091. Je n’ai jamais bien différencié la lucidité du pessimisme. Lorsqu’il balance ses prophéties, j’ai envie de l’interviewer pour connaître en détail notre funeste futur. Pourvu qu’on meurt avant (oui, mais de quoi ?). Au moins, lorsqu’il est dans une phase caca, on se détend.

Je commence avec des mites et ça se termine en fin du monde, c’est probablement à cause de la pluie. Elles ne vont jamais se barrer s’il fait ce temps-là…

Demain, c’est la bien nommée « Fête du travail », je me demande si je peux publier un article. Ne serait-ce manquer de respect à l’ensemble des travailleurs ? Aux vrais blogueurs ? Aux vrais dessinateurs ? Aux travailleurs de la plume ? Je vais dormir sur ce cas de conscience (mais plus tard, parce que là j’ai du boulot).

Bonne journée divines créatures et lavez-vous les coudes si vous en avez !

Comment se débarrasser des mites alimentaires

Ami lecteur, si tu viens ici pour trouver le moyen de chasser la mite alimentaire de tes placards, j’en suis désolée. Ai-je une tête à parler trucs et astuces ? Honnêtement ?

Vous ne voulez pas de mites alimentaires ? N’en achetez pas ! Haricots en conserve et poissons panés, petits pois surgelés et jambon sous vide sont autant de sésames pour une cuisine démitée.

Lorsque la mite est là, louez l’espièglerie de son vol enjoué ; et la joie d’habiter une maison vivante. Cessez de lutter, acceptez simplement d’être une créature parmi d’autres. J’ai aussi dans ma cuisine une araignée qui descend le long de son fil à la nuit tombée et pendant trois jours j’ai eu une petite fourmi… Je me sens à la campagne. Je me sens en empathie avec les créatures terrestres. J’appartiens à écosystème, mon rôle ne consiste pas à le discipliner, mais à le respecter. Ô joie d’appartenir.

Pis personne n’a encore révélé que la mite est susceptible de transmettre le Covid-19, alors pourquoi se faire du mouron (patapon).

Bon lundi amis des mites, restez chez vous et lavez-vous les coudes !

Pouce vert et morne pousse

« Pour réussir sa vie, un homme doit faire un enfant, écrire un livre et planter un arbre. » C’est une citation de Compay Segundo. J’ai parcouru sa page Wikipedia sans y trouver de livre ni d’enfant, quant à l’arbre… Sinon, je n’accorde aucun crédit à cette phrase, à moins de se mettre d’accord sur le sens du mot « réussite », qui comme vous le savez, est un jeu de cartes à une seule personne, qu’on appelle aussi patience. On réussit là où les autres renoncent, parce qu’on est très patient…

S’il me fallait réussir selon Compay, il ne me resterait plus qu’à planter un arbre. Fastoche, que je me dis, passe-moi une branche et de l’eau que je bouture rapidos. Et ni une ni deux, je me saisis d’une branche de sauge, car qui a de la sauge dans son jardin n’a pas besoin de médecin (je n’ai pas de jardin, qu’importe je fonce) d’un pot de yaourt en verre et point.

Comme je trouve le rituel assez léger comparé à la promesse (réussir sa vie), je compose une formule d’encouragement pour cette petite branche qui doit pousser ses radicelles hors de son mini tronc. Si je devais en faire autant, je perdrais mes moyens.

J’encourage, donc, chaque jour, un petit mot gentil, une présentation de l’appartement, un peu de radio, quelques podcasts, pousse ma grande, lui dis-je. Mais son mini tronc reste glabre, ses feuilles fanent et se courbent.

Voilà comment j’ai raté ma vie.

En revanche, pour l’élevage de mites, je suis au top. Si vous en voulez, je vous en mets de côté pour égayer vos soirées.

Bonne journée les amis, plantez des arbres et lavez-vous les coudes !