
Ça doit être sympa de respirer sous l’eau, de frayer dans les vagues, de dévorer les plus petits que soi pour finir dans la gueule d’un géant. Et pourtant, le poisson a souvent l’air courroucé. Bien peigné, mais courroucé, comme lorsque je sors de chez le coiffeur.
Le poisson a bien du soucis à se faire, les océans sont pollués et notre pandémie multiplie la consommation des plastiques à usage unique, qui atterrissent dans les océans (je sais, on ne peut pas atterrir dans l’eau). Une partie de ma conscience a refusé d’admettre que le masque jetable est en polypropylène (il y a des gens qui croient sincèrement que le coca fait maigrir), tandis que l’autre partie de ma conscience se tordait de rire en briquant la maison au vinaigre.
Je ne peux que me révolter contre moi-même… Et s’il faut 450 ans à un masque jetable pour disparaître dans la nature, imaginez le temps que durera ma révolte. Certes, je ne jetterai pas mon masque dans la nature (ni dans la rue), mais dans une gentille poubelle d’ordures ménagères. L’incinération produira de l’énergie.
Au bureau, le rouleau d’essuie-mains en tissu des toilettes a été remplacé par du papier, une profonde poubelle portant mention « Réservée aux masques, gants et essuies-mains » a été placée en-dessous. L’incinération produira de l’énergie. La collecte en dépensera, le lavage en dépensait, mais on fabriquait le tissu une fois…
Bonne journée les amis, qu’importe la façon dont vous les séchez, lavez-vous les coudes.