Huit jours

Huit jours, les belges disent « houit », comme s’il y en avait dix de plus. Une semaine dure sept jours, on dit « on se voit la semaine prochaine » et on précise « dans huit jours ». Si on compte bien, ça tombe juste. Du jeudi au jeudi, ça fait huit. Mais doit-on compter le jour présent ? Ils disent aussi, « jeudi en huit », et j’ai envie de m’échapper. Ce « m’échapper » aussi, ça n’est pas très précis, je veux m’échapper de quoi ? Il faudrait le préciser. Coincée dans une spirale, je veux m’en échapper, dirais-je. C’est donc à moi que je veux échapper. Je veux m’échapper de moi et à mon grand âge, je m’étonne encore de prononcer ce genre de phrase, comme s’il était possible de s’abandonner un matin pour devenir une autre. Ou une fleur.

On ne pense jamais à devenir une fleur. Il y a des milliers de fleurs que personne ne voit et qui existent malgré tout, et toute l’eau de l’océan n’est jamais nagée en même temps. Ce qui est rassurant.

Le mercredi est le milieu de la semaine du travailleur du tertiaire. C’est une mini-fête, certains en profitent pour ne pas travailler, ce qui permet une esthétique appréciable de l’agenda bureautique. Si la semaine comptait huit jours, ce serait plus simple, on alternerait deux jours chômés et deux jours travaillés sans changer de semaine. La régularité serait bénéfique pour tous. Si on combine cette réforme avec la suppression du changement d’heure, je crois qu’on pourrait s’en sortir.

S’en sortir. Mais de quoi ?

Bonne journée les amis, sortez de chez vous et lavez-vous les coudes !

Vieillerie

Arrive le jour du mal de dos. Peut-on l’éviter ? Oui. Il y a foison de tutos sur internet, d’articles dans les magazines, de kinés dans les villes et même Ameli explique comment échapper au mal le plus répandu de nos contrées (avec la dépression et l’insomnie). Heureusement qu’il reste la dépression et l’insomnie pour se remonter le moral quand on a mal au dos. L’un n’empêche pas les deux autres, mais n’entrons pas dans cette spirale infernale. Stoppons le mal avant qu’il ne s’installe, ne se vautre dans tous les recoins de notre quotidien.

Quand le mal de dos se déclare, il accompagne une contrariété que je rumine, pendant qu’il irradie peinard jusqu’au jour où je retourne me coucher pour le dompter. Et je me dis : soit c’est le début de la vieillesse, soit c’est la fin de la jeunesse. Avons-nous un espace entre ces deux états (le bel âge ?) ? Que ne sommes-nous éternellement jeunes dans notre corps et mentalement matures ? Ah vie bizarre, comme tu es curieusement articulée. Avec la sérénité de l’âge, j’apprendrai à évacuer les contrariétés dès qu’elles se présentent et bannirai tous leurs maux (y compris la moutarde, c’est un jeu de mot idiot, j’adore la moutarde).

A ce moment-là vous pensez : ceinture abdominale. J’y ai pensé aussi. Je suis armée, je la recharge tous les matins comme un bon petit soldat qui lutte contre les méchants (moi aussi je suis en guerre, on a tous nos guerres, quoi qu’en dise Rambo C’est pas ma guerre alors que de fait, ça devient son combat, pauvre de lui). Mais ça ne suffit pas. Peut-être ne muscle-je pas dans le bon sens ? Possible. Je ne suis pas Véronique & Davina, je suis moi et c’est assez. Je vais reprendre un tuto abdos qui ne bousille pas le périnée avant d’aller m’asseoir sur ma petite chaise de travail sans croiser les jambes.

Bon lundi les amis, tenez-vous droits et lavez-vous les coudes !

Joies insomniaques

Je dors ?Zut, je ne dors pas !Je vais encore être crevéeBon allez, je dorsJe dors ?
Souvent je ne dors pas, je ne dors pas de plein de manières différentes. Le sommeil ne vient pas, même si je suis épuisée ; le sommeil me quitte au beau milieu de la nuit, ou une heure avant la sonnerie du réveil. Trop tard, trop tôt… et parfois au réveil, j’ai l’impression d’avoir seulement affleuré le sommeil. Heureusement, je ne suis pas la seule ! La France est remplie d’insomniaques.

J’adore dormir, pourtant. J’en ai besoin, en plus. Sinon, je suis d’humeur pourrie, l’hyperacousie me fait froncer les sourcils, j’ai tout le temps faim, mal au dos et la vue trouble (ceci dit, j’ai tout le temps faim, même après une bonne nuit).

L’insomniaque est à traiter comme un grand bébé sportif de haut niveau : pas d’écran le soir, le régaler d’un dîner sans sucre (c’est à dire sans alcool), sans chocolat et sans protéines animales, éloigner du lit ondes et lumière, régler une température idéale (ni trop élevée ni trop basse) ; et dès l’après-midi supprimez-lui les excitants (y compris son chef). A saupoudrer d’activité physique, afin que le corps se souvienne de ses principales fonctions.

J’ai pensé au couvent, pour faire plus simple.