Table rase

J’ai rangé. Oh, rien de spectaculaire… Quelques papiers ont pris le chemin de la poubelle, les copeaux de crayon et autres rognures de gomme ont été aspirés. Un béotien ne remarquerait rien. Il faut être humble au quotidien, sinon c’est la déprime. J’adore ceux qui disent « Moi je range un peu tous les jours », ceux qui suivent des méthodes (d’abord les vêtements, puis les papiers…), ceux qui ont un coach ; mais mes préférés sont ceux qui ont un cagibi ou une pièce inutilisée dans leur appartement. Ah la grande pièce qui n’a aucune fonction et qui au fil des ans se remplit de tout, mieux qu’un grenier, elle est dans le même couloir que le salon. Au début c’était une chambre d’amis, mais le lit était pourri et les amis ne sont jamais venus y dormir. Peut-être à cause de l’ambiance pesante au petit-déjeuner, ou de la salle de bain humide, ou des toilettes jouxtant la chambre des enfants. Ou de l’impression d’être un intrus. C’est difficile de dormir chez l’habitant lorsqu’il n’est pas hôtelier. Je connais peu de parisiens qui ont un grenier de plain-pied, c’est un luxe de province.

Il est un peu tôt pour mesurer le bénéfice du rangement sur mes capacités intellectuelles… Laissons passer la semaine et voyons.

Bon lundi les amis et lavez-vous les coudes !

Vous dormez bien ?

Il est beaucoup question de rêve et de sommeil. Nous avons ça en commun, ça et la bouffe. Tous, nous dormons, que nous travaillions ou non, que nous sortions ou non, nous mangeons, nous dormons, nous rêvons. On peut échanger sur le sujet.

Dormez-vous bien ? Faites-vous de beaux rêves ? Il paraît que vous rêvez de trains qui sont retardés ou prennent la mauvaise direction. Il paraît que vos cauchemars sont plus nombreux, plus intenses et le sommeil difficile à trouver. Vous vous décalez, comme pour changer d’hémisphère. Les matins raccourcissent, les soirées s’étirent ; il n’y a pourtant rien à faire de plus durant la nuit, qu’à gâcher l’électricité.

Je dors bien, il ne faut pas croire ce que je dessine. Lorsque j’ai l’impression de me réveiller la nuit, c’est que le matin est arrivé. Suis-je encore moi lorsque je dors ? Non. Incontestablement, nous sommes deux. Longtemps, dans la chambre de mon fils aîné a traîné cet exercice de physique « Dans mon lit, à quelle vitesse je me déplace ? ». Je n’ai jamais eu le corrigé, mais je parie qu’il n’aurait pas répondu à la question telle que je la visualise.

J’ai passé beaucoup de temps à « visualiser » les choses durant ma scolarité, avec une lenteur méditative et une perplexité qui ne m’ont pas rapporté beaucoup. Sauf maintenant. Je vais où je veux, et lorsque je dors je me déplace encore plus rapidement, le physique, la réalité, ont une importance toute relative.

Bon week-end, dormez bien et lavez-vous les coudes !

Moi les animaux

Moi les animaux, je ne les mange pas. Les gens disent souvent « j’aime le boeuf, j’aime le lapin, j’aime l’autruche » et ils les mangent. Je préfère que ces gens-là ne m’aiment pas. Ou qu’ils fassent un effort de champ lexical.

Curieusement, la nuit dernière, j’ai rêvé que j’allais au restaurant. Ou plutôt que j’essayais d’atteindre un restaurant très luxueux, dans un interminable hôtel de luxe. Le menu était composé d’une variation petits-pois-pois-cassés. Auparavant, dans le même rêve, j’ai (par ordre chronologique) échappé à une guerre rouge dans un monde sauvage, navigué à bord d’une boule blanche ( ? ) vers une île magnifique et dîné chez des amis. Après le restaurant, j’avais l’intention de m’acheter un pull bleu marine. Mais je n’ai jamais réussi à trouver le bon étage et j’ai fini par me réveiller, lasse de tourner en rond.

Dans mes rêves, je ne mange pas de viande non plus. Aux rapaces captifs, on donne à manger des poussins de un jour. Normalement vous dites « Mais quelle horreur ! » alors que la plupart des poussins mâles sont broyés. J’aime bien les œufs. Je suis même en empathie avec l’œuf, alors je le mange. Mais je ne mange pas de poussin de un jour. Et je ne sais pas si on peut assimiler un poussin de un jour à une graine germée, dont l’apport nutritionnel est supérieur à la graine non germée.

J’aime l’œuf comme j’aime l’île de mon rêve. Des contours définis, indiscutables, impossibles à négocier : ce qui est autour n’est pas l’île. J’ai souvent fait ce rêve décevant d’une île sur laquelle j’arrive et qui au fur et à mesure de mon exploration se révèle ne pas en être une.

Tout ça pour vous dire qu’hier, j’ai parlé nutrition, végétarisme et véganisme avec une collègue. On a parlé boulot aussi, mais j’imagine que ça vous intéresse moins.

Bonne journée mes poussins, et lavez-vous les coudes !

Seconde peau

Quelle femme n’a pas rêvé un jour de posséder un blouson en cuir parfaitement à sa taille ? Gagner en assurance ce qu’on pourrait y perdre avec un zip mal placé ou une manche trop longue…  Ce petit blouson rock’n roll qui donne l’impression qu’on vient juste de quitter la scène et qu’on est sur le point d’enfourcher sa moto. Dire « Ce blouson est le symbole de ma liberté », scander « Je veux du cuir », tenir le regard en faisant glisser la fermeture… yes !
Alors se présente enfin :

Pauline Buzy Pauline Buzy Pauline Buzy Pauline Buzy Pauline Buzy Pauline Buzy Pauline Buzy Pauline Buzy Pauline Buzy Pauline Buzy Pauline Buzy Pauline Buzy Pauline Buzy Pauline Buzy

Ah, ce rêve enfui sitôt touché du doigt. Mais je n’ai pas dit mon dernier mot… Internet regorge de trucs et astuces pour dire stop aux petites mauvaises odeurs. Euh… cependant si vous avez un truc infaillible : donnez-le moi !