Vent de fête

J’avais prévu ce matin un texte sur les marqueurs sociaux du passage à l’âge adulte.

Mais pauvres amis ! Les voisins s’en sont donnés à cœur joie cette nuit, remplissant de leurs rires et éclats de voix l’espace resserré de ma chambre à coucher ! J’avais encore l’impression de les entendre au petit matin. Ah Charlotte, tu es une vraie pote, Charlotte tu dépotes (j’ignore combien de fois ce prénom a été prononcé). Charlotte poivrote, je n’envie pas ta gueule de bois ce matin.

Je ne suis pas en état d’écrire sur les marqueurs sociaux du passage à l’âge adulte. Je replonge une fois encore dans mes archives d’inédits et voilà ce que j’ai trouvé (voir supra). Aujourd’hui, je suis en carence de sommeil, je vais être d’une humeur de dogue, je vais me traîner, je vais pleurer et maudire cette fichue nature qui réclame ses huit heures de sommeil par nuit. Les intelligents du monde dorment en moyenne quatre heures. Ils font TOUT. Ils apprennent TOUT. Ils vont sur la LUNE. Ils sont TOUJOURS contents et pensent plus VITE que nous… Enfin que moi, humble créature normale.

Tenez bon les amis, et lavez-vous les coudes.

La vie du lendemain

On pourrait croire qu’il sera ici question du retour au bureau, des dîners insouciants au restaurant, des bières en terrasse, des apéros géants au Parc, des flâneries à visage découvert, des futiles occupations d’extérieur. Non. Je vous parle d’un effet banal lié à l’alcool. L’abus ? N’allons pas jusque-là. C’était un dîner standard, sans mélange de breuvages, sans matières grasses, presque sans sucre ; un coucher certes tardif pour un vendredi soir qui clôt une semaine de boulot stressante (que les gens sont pénibles avec leurs enjeux de mouchoirs de poche).

Un lendemain à vous faire regretter d’avoir été aussi raisonnable durant toutes ces semaines ! C’est vrai, le corps perd l’habitude, il faut l’entraîner, lui donner un rythme régulier, qu’il oublie vite ce coquin ! Il est perdu, il ne sait plus, trois verres de vin et le voilà noyé dans un brouillard ténu, la bouche sèche, les pieds qui traînent. Déchéance.

Que n’en profiterais-je pour délaisser ces méchantes habitudes ? A moi les apéros méditation et dîners au jus d’herbes, les gros dodos. Vivre au rythme du soleil, vivre d’eau, vivre ivre de bienséance ! Je vais y penser. Je vous donne ma réponse lundi.

Gros bisous les amis et lavez-vous les coudes.

Vous dormez bien ?

Il est beaucoup question de rêve et de sommeil. Nous avons ça en commun, ça et la bouffe. Tous, nous dormons, que nous travaillions ou non, que nous sortions ou non, nous mangeons, nous dormons, nous rêvons. On peut échanger sur le sujet.

Dormez-vous bien ? Faites-vous de beaux rêves ? Il paraît que vous rêvez de trains qui sont retardés ou prennent la mauvaise direction. Il paraît que vos cauchemars sont plus nombreux, plus intenses et le sommeil difficile à trouver. Vous vous décalez, comme pour changer d’hémisphère. Les matins raccourcissent, les soirées s’étirent ; il n’y a pourtant rien à faire de plus durant la nuit, qu’à gâcher l’électricité.

Je dors bien, il ne faut pas croire ce que je dessine. Lorsque j’ai l’impression de me réveiller la nuit, c’est que le matin est arrivé. Suis-je encore moi lorsque je dors ? Non. Incontestablement, nous sommes deux. Longtemps, dans la chambre de mon fils aîné a traîné cet exercice de physique « Dans mon lit, à quelle vitesse je me déplace ? ». Je n’ai jamais eu le corrigé, mais je parie qu’il n’aurait pas répondu à la question telle que je la visualise.

J’ai passé beaucoup de temps à « visualiser » les choses durant ma scolarité, avec une lenteur méditative et une perplexité qui ne m’ont pas rapporté beaucoup. Sauf maintenant. Je vais où je veux, et lorsque je dors je me déplace encore plus rapidement, le physique, la réalité, ont une importance toute relative.

Bon week-end, dormez bien et lavez-vous les coudes !

Sommeil sommeil

Laissez entrer le sommeil, Le sommeil donne la même couleur aux gens, sommeil d’été, Seul le sommeil surplombe tout, La nuit je dors… Vous connaissez la chanson, je ne vais pas vous faire un dessin : j’overdose de sommeil. Je ne sais plus comment avoir autre chose que la flemme.

Vacances obligent (je poursuis mon mi-temps vacances) je fais une sieste après le déjeuner, avec cette impression d’être changée en enclume, et de m’enfoncer aussi profondément dans le sommeil que dans le matelas, avec un engourdissement instantané de tout le corps. Un délice. Je dois dormir vingt minutes, pas plus. Ensuite je me lève pour « faire un truc », mais je pense n’avoir fait aucun truc depuis le début des vacances.

Le soir, je me couche à 22h30 maximum et je dors toute la nuit. Si j’atteins mon lit plus tôt, je lis. Avant la sieste aussi, je lis. Mais je m’endors presque instantanément. C’est assez frustrant, je n’ose pas prendre le livre à un autre moment de la journée, de peur de m’endormir !

Quelle ne fut pas ma joie, ce matin, d’ouvrir les yeux à 5h20 ! Aurais-je comblé mon déficit, rattrapé mon retard, touché le fond ? Vais-je remonter à la surface de ma vie et m’éclater en dansant toute la journée sur de la musique rock ? Vais-je saisir toutes les opportunités que m’offre la vie : nettoyer les carreaux, ôter les tâches de la moquette, laver le linge délicat à la main, repriser mes pulls tous déchirés au coude (le gauche), dépoussiérer les plinthes et les plaintes, lessiver les étagères de la cuisine, nettoyer chaque bocal, chaque ampoule, chaque tuyau ?

Vous le saurez dans le prochain épisode.

Bonne journée les éveillés et lavez-vous les coudes !

Debout là-dedans !

Même pas en rêve
Sous la couette
Je ne sortirai pas
Tu es un mufle
Tous les magazines vous l’écriront : le sommeil est la meilleure crème de beauté. En gros, si vous dormez mal, non seulement vous êtes de mauvais poil, mais en plus vous êtes moche (ça c’est parce que nous ne sommes jamais à une injustice près lorsqu’il s’agit de beauté).

La beauté n’est pas l’unique raison qui me ferait rester au lit : le monde en est une autre. Je ne vais pas (encore) raconter des salades ou m’attrister pas sur le sort de Volkswagen, sur cette tendance à privilégier l’intérêt personnel plutôt que l’intérêt général. La bonne nouvelle, c’est que cette tendance n’est pas française, mais humaine, puisque l’illustration cette semaine nous vient directement d’Allemagne (ça me fait plaisir d’assimiler le peuple allemand à l’Humanité, c’est comme ça).

D’ailleurs, moi-même, je ne sais pas si je quitte mon lit par intérêt personnel ou général. Tout dépend de la qualité de mon sommeil, me direz-vous. Certes.

Elixir de Jeunesse