Sur la ligne

Je savais que c’était une mauvaise idée de faire un dessin aussi long. On n’y voit rien. Je vais essayer autre chose.

Vous n’êtes pas obligés de pencher la tête vers la droite pour lire. Par exemple si vous avez un téléphone, inclinez-le à l’horizontale. Je ne le ferai plus, c’est promis.

Ce matin, j’ai inversé l’ordre, histoire de varier un peu et de rire. Qu’est-ce que j’ai ri sous la douche en pensant que vous pensiez que j’étais en train d’écrire ici ! Ah ah. On a l’humour qu’on peut. Parfois on atteint ses limites, il faut reconnaître que d’autres sont bien meilleurs que moi. Mais c’est comme le physique : je peux prendre vingt kilos, mais pas vingt centimètres. Traduction : je peux augmenter ma fréquence de publication, mais pas la qualité.

Terrifiant.

Avec vingt centimètres supplémentaires, j’aurais une vie tellement plus passionnante. Je pourrais être Christine Lagarde, à quelques détails près. On me dirait « Ne me prends pas de haut ! » et je répondrai « Mais je ne te prends pas de haut, je suis grande, c’est tout. » et j’appellerais Allo discrimination pour me plaindre. On me dirait « Asseyez-vous, je vous en prie » et je répondrais « Je suis assise ». Ah ah. Je ferais un peu peur. On dirait que je suis impressionnante et forcément je serais obligée de laisser tomber mon humour potache. C’est comme un anachronisme que d’avoir de l’humour quand on est grand.

Un chihuahua qui fait des galipettes, c’est amusant, mais un dogue allemand… Vous voyez l’idée. Je peux me dénoncer auprès d’Allo discrimination, je pense avoir dépassé la limite. C’est la fin de mes rêves de grandeur.

Bonne journée petits et grands et lavez-vous vos petits ou grands coudes.

Hé oui, votre enfant grandit…

Mon tout petitMon tout grandQuestion crucialeRéponse en suspensL’habit ne fait pas le moine et la taille ne compte pas… Ô combien ces affirmations sont fausses !
Depuis que mon aîné (mon fils, il fait médecine) m’a dépassée en taille, je me sens… dépassée. Il a fallu que ce jour arrive pour que je comprenne viscéralement le sens de ce mot. Au début, j’ai nié. Ensuite, j’ai enfilé des escarpins à talons de sept centimètres avant de lui adresser la parole. Enfin, j’ai capitulé. Oui, il est plus grand que moi, comme la plupart des gens que je côtoie, et ça n’est pas près de s’arrêter, puisque le petit fera pareil quand il sera grand. Allez-y tous, grandissez ! Dépassez-moi, puisque ça vous amuse ! Je vais rester là, toute petite, à me cailler en bas (puisque la chaleur monte).

C’est difficile d’être la maman d’un enfant qui peut regarder par dessus ma tête quand je lui parle. Les grandes personnes ont de l’ascendant sur les petites. Certaines, dotées d’une très haute taille, construisent des carrières qui n’auraient pas été évidentes avec vingt centimètres de moins. Prenez un double décimètre entre vos mains, et regardez : c’est ridicule, vingt centimètres ! On les franchit en un pas, les vingt centimètres. C’est moins qu’une demi-baguette de pain, moins que la hauteur de mon écran… et pourtant : c’est ce qui me sépare d’une carrière de top model. Vingt centimètres + des heures de sport + quelques régimes + des produits coiffants + trente ans de moins, pour être honnête.

Je me sens petite face à mon « jeune adulte ». Mais heureusement, il sera bientôt d’accord pour que je le surnomme « mon bébé », parce que quand on devient « adulte », on gagne en empathie.