
Les grands espaces sont intérieurs. Heureusement : s’il en était autrement, le parisien serait toujours en train de se plaindre.
Dans l’appartement encombré, l’adulte équilibré doit faire des choix. Ouvrir un tiroir et trier. Déposer à gauche ce qui mérite d’être gardé et à droite ce qui peut être donné et dans le sac ce qui part à la poubelle. Peu de choses peuvent être données.
Donner, c’est pour la gamme supérieure des objets qu’on possède. Ils doivent être utiles, utilisables, pas trop usés ; et nous être inutiles, à nous. C’est la catégorie rare des objets qui peuvent être utiles à d’autres. Par exemple une trancheuse à jambon le jour où vous décidez de tourner végétarien. La table à langer lorsque l’enfant entre au lycée.
Donc hier, j’ai descendu dans mon jardin (la chambre de mon fils) et j’ai croisé les petits fruits en bois, rattachés en leur milieu par une pastille velcro. On dirait qu’on serait en train de couper des fruits, ai-je pensé. Et tchac-tchac, avec le petit couteau en bois, je les ai sectionnés. Et ploum, je les ai ressoudés et rangés dans leur petite boîte, ni vu ni connu. C’est qu’il a bien passé l’âge de jouer à la dînette, mon collégien.
(A ce propos, en dépit des fruits et légumes en bois, du petit service à thé rouge à pois blancs, il n’est pas hyper volontaire pour mettre la main à la pâte… C’est bien du gros n’importe quoi les jeux éducatifs !)
Techniquement, nous pourrions donner les jouets. Mais je ne suis pas encore prête. Je préfère me plaindre du manque d’espace.
Amusez-vous bien aujourd’hui et lavez-vous les coudes !










