Polie panoplie

Je ne sais pas vous, mais je m’apprête à vivre une matinée pourrie. En temps normal, je me serais apprêtée pour l’occasion. J’aurais choisi mes chaussures selon le degré d’adversité et l’attitude à adopter. Le télétravail permet de choisir le créneau horaire de l’affrontement, on ne risque pas de se faire coincer dans un couloir. C’est un peu comme aller à la piscine : on s’attend à un certain nombre d’épreuves.

(Je n’aime pas la piscine. Le concept est cool, mais l’expérience est pénible. Les modalités d’usage ont été annoncées pour la réouverture des bassins : sens de circulation, réservation de ligne, cabines dédiées au déshabillage et d’autres à l’habillage, un casier vide entre chaque casier, suppression des sèche-cheveux, lavage de main obligatoire, fermeture des pataugeoires. Rien sur les pédiluves. Ils n’ont rien dit au sujet des pédiluves ! Je suis inquiète. Je n’avais pas prévu d’aller à la piscine, je déteste la piscine, mais ne pas évoquer le pédiluve quand on parle piscine, c’est ignorer Hugo en littérature.)

Après avoir choisi mes chaussures, j’aurais hésité sur la couleur du haut : éviter le rouge qui attise la colère, privilégier le rose qui suscite l’affection (je n’ai qu’un seul haut rose, comme c’est bizarre). Dire que certains pensent qu’il est futile de s’habiller ! Je vais me recentrer sur mes compétences, je n’ai pas d’autre choix…

Il est temps d’aller dans le grand bain. Inspiration/expiration… Je plonge.

Bonne journée les nageuses et nageurs et lavez-vous les coudes (et les pieds) !

De la tenue

Depuis des semaines, tel un animal rampant des collines (le lit et le canapé ont le profil topographique de la plaine, mais ils m’évoquent la colline, la moquette est la plaine, le niveau de l’eau est la rue en contrebas, c’est très joli chez moi), j’évolue dans une structure molle : pantalon hors d’âge et majoritairement composé de trous, il ne craint rien, sauf l’exposition au monde du dehors, où je me suis rendue hier.

Je me suis dit, ma vieille, tu vas voir des gens, mets de vrais vêtements. Mon jean APC, une paire de bottines à talons et un gilet vert, me voilà parée pour m’enfermer dans un bureau avec un masque. Je n’ai vu que des moitié de visages inconnus. A la fin du rendez-vous (à distance respectable) on a soulevé le masque pour se montrer à quoi on ressemble, histoire de se reconnaître si on se croise un jour dans les couloirs. Un jour…

Le jean APC, toile japonaise : quand il est neuf, on réfléchit avant de s’asseoir. Ai-je vraiment besoin de m’asseoir ? Si j’attends huit heures, je peux m’allonger directement, sans plier les jambes. APC recommande de le nettoyer à sec ou dans la mer pour préserver tenue et couleur. Je le lave en machine, mais j’ai bien préservé la torture. C’est bizarre ce contact retrouvé avec le vêtement, je me suis sentie différemment humaine. Dos droit, mains enduites de gel, pieds parallèles… J’étais une autre. Fascinante expérience. Et puis je suis rentrée chez moi, telle Wonder Woman, j’ai tourné tourné tourné et repris mes habits ordinaires.

Quelle vie mes amis ! Bonne journée et lavez-vous les coudes !

Parlons culotte

Partout ailleurs, il est question de nourriture (comment se nourrir durant le confinement, composer ses menus, cuisiner rapidement, mijoter longuement), et d’alcool (à partir de combien de verres sort-on du raisonnable, sachant qu’on ne prendra pas le volant et que le réveil ne sonnera pas) ; ici et aujourd’hui, la culotte sera le sujet de fond.

Lorsque je compose ma tenue, je choisis d’abord les souliers que je vais porter, mais je commence toujours par enfiler une culotte. En confinement, je ne porte pas de souliers. J’enfile une paire de baskets pour aller faire les courses, et tout le monde le sait : les baskets ne sont pas de souliers, quel que soit leur prix et même si Louboutin en fait.

La culotte est un fondamental de la garde-robe, bien cachée et de préférence indécelable (et me revient à la mémoire l’image de cette cycliste dont le string s’agitait au-dessus du pantalon… Non non non), elle est un confort et un réconfort dans certaines situations. En cette période de confinement, si j’ai cessé les souliers, j’ai aussi cessé les « tenues », mais pas la culotte. Certains matins, j’en porterais bien deux.

S’il existe en France un Musée de la culotte où on peut observer l’évolution de ce vêtement selon les époques, le milieu social, la région, le métier et l’âge ; j’aimerais bien le visiter. En attendant, mon musée personnel ne cerne qu’une catégorie dans une seule époque : la mienne. La salle des archives est au milieu de l’exposition temporaire, et les trésors sont rares. Je mène parfois quelques travaux de restauration et d’autres fois des travaux de recherche pour enrichir certaines collections (frous-frous, par exemple, comporte plusieurs pièces).

Je ne passe pas non plus ma vie dans mon tiroir à culottes (j’ai un cerveau), et si tout se passe bien, je n’y pense pas toute la journée, mais lorsqu’on se croise, ma culotte et moi, aux toilettes, je lui fais un petit sourire si elle est rigolote et un soupir si elle est fatiguée.

Bonne journée mes petites culottes et bonne journée chez lecteurs (et lavez-vous les coudes ! ).

Parité bien ordonnée

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Contrairement aux apparences, les femmes ne sont pas les seules à s’habiller. Chacun donne librement son avis sur ce qu’il est acceptable de montrer ou de dissimuler d’une femme, selon son âge et sa condition. Du vêtement de l’homme, il n’est jamais question. Ont-ils le droit de sortir en débardeur ? De glisser une tongue entre leurs orteils ? De laisser apparaître le bas de leur dos lorsqu’ils se jettent à nos pieds ?