Fantastique

Le plastique synthétique, c’était le progrès. On s’est mis à croire aux vertus de l’usage unique. On a endormi nos cerveaux dans le tout calibré. On s’est crus bienheureux, bien portants et bien pratiques.

… Mais je ne vais pas écrire un énième article sur le sujet (moi, élevée dans un milieu où féminisme et écologie représentaient le même taux de pénibilité), je vous sais las. Je le suis aussi. « T’avais qu’à pas commander sur Internet » me souffle la voix dans ma tête… A-t-elle jamais essayé de vêtir un garçon qui a atteint la taille maxi chez Petit Bateau ? Je pourrais lui tricoter des caleçons. Je visualise. Visualisez-vous avec une culotte ou un caleçon en laine. Et maintenant, visualisez-vous à vélo avec une culotte ou un caleçon en laine. Et paf, il pleut !

C’était bien sympa, mais je ne sais pas tricoter. Fin de l’histoire, bonjour le commerce en ligne. Bonjour paresse et bonjour plastique. Je reviens à ce chiffre de 7 % communiqué par Isabelle Delannoy, au début du podcast Thinkerview. Isabelle Delannoy est environnementaliste, mais je crois que son chiffre est pessimiste. Au niveau mondial, on serait à 9 %, en France 25 %. En même temps, elle est environnementaliste, elle doit mieux savoir que moi.

Bonne journée les plasticiens et lavez-vous les coudes !

Polie panoplie

Je ne sais pas vous, mais je m’apprête à vivre une matinée pourrie. En temps normal, je me serais apprêtée pour l’occasion. J’aurais choisi mes chaussures selon le degré d’adversité et l’attitude à adopter. Le télétravail permet de choisir le créneau horaire de l’affrontement, on ne risque pas de se faire coincer dans un couloir. C’est un peu comme aller à la piscine : on s’attend à un certain nombre d’épreuves.

(Je n’aime pas la piscine. Le concept est cool, mais l’expérience est pénible. Les modalités d’usage ont été annoncées pour la réouverture des bassins : sens de circulation, réservation de ligne, cabines dédiées au déshabillage et d’autres à l’habillage, un casier vide entre chaque casier, suppression des sèche-cheveux, lavage de main obligatoire, fermeture des pataugeoires. Rien sur les pédiluves. Ils n’ont rien dit au sujet des pédiluves ! Je suis inquiète. Je n’avais pas prévu d’aller à la piscine, je déteste la piscine, mais ne pas évoquer le pédiluve quand on parle piscine, c’est ignorer Hugo en littérature.)

Après avoir choisi mes chaussures, j’aurais hésité sur la couleur du haut : éviter le rouge qui attise la colère, privilégier le rose qui suscite l’affection (je n’ai qu’un seul haut rose, comme c’est bizarre). Dire que certains pensent qu’il est futile de s’habiller ! Je vais me recentrer sur mes compétences, je n’ai pas d’autre choix…

Il est temps d’aller dans le grand bain. Inspiration/expiration… Je plonge.

Bonne journée les nageuses et nageurs et lavez-vous les coudes (et les pieds) !

De la tenue

Depuis des semaines, tel un animal rampant des collines (le lit et le canapé ont le profil topographique de la plaine, mais ils m’évoquent la colline, la moquette est la plaine, le niveau de l’eau est la rue en contrebas, c’est très joli chez moi), j’évolue dans une structure molle : pantalon hors d’âge et majoritairement composé de trous, il ne craint rien, sauf l’exposition au monde du dehors, où je me suis rendue hier.

Je me suis dit, ma vieille, tu vas voir des gens, mets de vrais vêtements. Mon jean APC, une paire de bottines à talons et un gilet vert, me voilà parée pour m’enfermer dans un bureau avec un masque. Je n’ai vu que des moitié de visages inconnus. A la fin du rendez-vous (à distance respectable) on a soulevé le masque pour se montrer à quoi on ressemble, histoire de se reconnaître si on se croise un jour dans les couloirs. Un jour…

Le jean APC, toile japonaise : quand il est neuf, on réfléchit avant de s’asseoir. Ai-je vraiment besoin de m’asseoir ? Si j’attends huit heures, je peux m’allonger directement, sans plier les jambes. APC recommande de le nettoyer à sec ou dans la mer pour préserver tenue et couleur. Je le lave en machine, mais j’ai bien préservé la torture. C’est bizarre ce contact retrouvé avec le vêtement, je me suis sentie différemment humaine. Dos droit, mains enduites de gel, pieds parallèles… J’étais une autre. Fascinante expérience. Et puis je suis rentrée chez moi, telle Wonder Woman, j’ai tourné tourné tourné et repris mes habits ordinaires.

Quelle vie mes amis ! Bonne journée et lavez-vous les coudes !

Parlons culotte

Partout ailleurs, il est question de nourriture (comment se nourrir durant le confinement, composer ses menus, cuisiner rapidement, mijoter longuement), et d’alcool (à partir de combien de verres sort-on du raisonnable, sachant qu’on ne prendra pas le volant et que le réveil ne sonnera pas) ; ici et aujourd’hui, la culotte sera le sujet de fond.

Lorsque je compose ma tenue, je choisis d’abord les souliers que je vais porter, mais je commence toujours par enfiler une culotte. En confinement, je ne porte pas de souliers. J’enfile une paire de baskets pour aller faire les courses, et tout le monde le sait : les baskets ne sont pas de souliers, quel que soit leur prix et même si Louboutin en fait.

La culotte est un fondamental de la garde-robe, bien cachée et de préférence indécelable (et me revient à la mémoire l’image de cette cycliste dont le string s’agitait au-dessus du pantalon… Non non non), elle est un confort et un réconfort dans certaines situations. En cette période de confinement, si j’ai cessé les souliers, j’ai aussi cessé les « tenues », mais pas la culotte. Certains matins, j’en porterais bien deux.

S’il existe en France un Musée de la culotte où on peut observer l’évolution de ce vêtement selon les époques, le milieu social, la région, le métier et l’âge ; j’aimerais bien le visiter. En attendant, mon musée personnel ne cerne qu’une catégorie dans une seule époque : la mienne. La salle des archives est au milieu de l’exposition temporaire, et les trésors sont rares. Je mène parfois quelques travaux de restauration et d’autres fois des travaux de recherche pour enrichir certaines collections (frous-frous, par exemple, comporte plusieurs pièces).

Je ne passe pas non plus ma vie dans mon tiroir à culottes (j’ai un cerveau), et si tout se passe bien, je n’y pense pas toute la journée, mais lorsqu’on se croise, ma culotte et moi, aux toilettes, je lui fais un petit sourire si elle est rigolote et un soupir si elle est fatiguée.

Bonne journée mes petites culottes et bonne journée chez lecteurs (et lavez-vous les coudes ! ).

Les vêtements

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Les vêtements, c’est marrant.
Il y a de belles pièces, il en est aussi qui font semblant de l’être. Il existe plusieurs façons de faire semblant d’être beau, pour un vêtement : l’absence de matière naturelle, du plastique dans les coutures et (par dessus tout) une étiquette cousue dans un pays où le petit livre rouge n’a jamais été le code du travail.

Lorsque je suis à la recherche du pull-over qui twiste ou de la petit robe qui se tient, si je trouve enfin la pièce qu’il me faut, je suis pratiquement incapable de lui tourner le dos, même si l’étiquette pavane un « Fabriqué en Chine » totalement détestable. Je suis faible. Il faudrait d’abord regarder l’étiquette et essayer ensuite. Comme pour le vin. Sauf quand on est en mode dégustation… et justement : la mode se déguste. Je suis futile.

 

Le défi gambettes

Ma résolution à la con Ma jupe chérie Ma robe adorée Pensées positives Faites pas chierJe suis passée à côté d’un super boulot.
Donc, je décide de porter des jupes ou des robes pendant deux semaines.
Aucun rapport ? Pas si sûre… Les forces s’équilibrent et l’univers est un ramassis de faux hasards, de coïncidences qui sont autant de logiques improbables.

Lorsqu’on m’a proposé ce super boulot, je n’étais pas du tout en train de chercher un travail. Bien au contraire ! J’étais engagée dans mon projet Zéro Ticket, j’avais des contacts positifs un peu partout, des personnes emballées, prêtes à me faire confiance, le hasard m’avait apporté des rencontres inespérées. J’étais à fond. Prendre une décision (la bonne) a été une torture, j’ai finalement accepté, en me disant que je pourrai cumuler ce travail et la création de mon entreprise…. après tout, le sommeil, je n’y tiens pas trop.
De semaine en semaine, la perspective d’avoir de nouveaux collègues, de bosser sur des sujets importants, d’œuvrer pour améliorer le quotidien de millier de personnes, a commencé à me plaire et j’avais hâte d’y consacrer mon énergie. Comme j’étais en train de préparer mes interventions d’octobre à l’Université de Bretagne occidentale, je pensais moins à Zéro Ticket.
Le jour où j’ai reçu le courrier de l’huissier m’informant que l’appartement que j’occupe allait être vendu et qu’il fallait que j’en sois partie au mois de mars, je me suis hautement félicitée d’avoir accepté le poste. Un déménagement ? Youpi ! Kéri et moi allons enfin nous installer ensemble.

Sauf que le poste, finalement, je ne l’ai pas eu… parce qu’il n’est pas compatible avec une création d’entreprise. Hi Hi, ai-je envie de dire.

Voilà pourquoi je porterai jupes et robes durant les deux semaines qui s’annoncent : parce qu’être bien habillée me donne la patate et qu’en général, les recruteurs ont l’odorat tellement aiguisé, qu’il leur permet de détecter l’odeur de patate dans une pile de CV.

Bon lundi à tous, c’est parti !

Fétiches et oripeaux

Je fais un travail sur moiUn divan de vêtementsQue garder ?Ils me portent la poisse
Les hommes...
François HollandeParapluie

Les vêtements. Vaste sujet.
Sans vêtements, je suis nue (et je ne suis pas la seule). J’ai dans mes placards des montagnes de questions, et une seule paire de bottes. Une paire de bottes qui me galbe le mollet depuis bientôt cinq ans, alors que tout le monde prétend que l’amour n’en dure que trois. Mes bottes à moi, elles me parlent d’aventure, avec leurs talons de sept centimètres, avec cette couleur indéfinie que certains nomment « taupe » par paresse intellectuelle, avec ce long zip au feulement envoûtant lorsqu’il remonte vers le genoux (et un peu dégobillant lorsqu’il descend vers la cheville).
Mes chaussures préférées ont sept centimètres de talons, c’est ma hauteur, c’est mon chiffre. C’est un bon chiffre. Je ne devrais pas conserver mes vêtements au-delà de sept ans.

J’ai un pantalon Cacharel vert (vert d’eau, précisément celui-ci : #add97e), le genre de pantalon à la coupe précise, au tombé parfait, au tissu caressant. Un pantalon dont n’importe quelle fille aurait du mal à se défaire. Je le portais au mariage de Julie… … … … Ceux qui me connaissent savent exactement ce que je mets dans cette succession de points de suspension (les autres feront preuve d’imagination). A chaque fois que je glisse mes jambes dans celles du pantalon, je repense au mariage de Julie. Cela fait trois ans à présent que je ne l’ai pas porté, et cela fera bientôt huit ans que Julie est mariée. Dans dix minutes, je l’enfourne dans le sac à donner.

Mais que faire de cette robe ? Elle est jeune encore, elle a été fabriquée en France, elle est en coton bio, elle est magnifique (bien qu’elle me fasse un tour de taille de Bidibule), elle a du style. A chaque fois que je passe ma tête dans son col, je repense au jour où je me suis retrouvée dans le bureau de Big Big Boss lorsqu’il m’a proposé cette mission pas géniale, qu’il aurait fallu accepter, mais que j’ai refusée (d’ailleurs, j’ai eu raison). Je me sentais divine dans cette robe que je portais pour la deuxième fois, mais lorsque je suis ressortie du bureau, j’étais une petite crotte.
Le pouvoir des hommes de pouvoir est fascinant.
Il est trop tôt pour me séparer de ma robe-oiseaux… mais à quoi sert de la garder ?

Nous, les femmes, nous avons vraiment des problèmes avec nos vêtements honnis ou chéris.