Ma fraise

L'homme est ce qu'il mange der Mensch ist, was er isst. Je commence un régime pêche + patateTandis que j’étais attablée devant mon ordinateur, essayant de produire plus pour gagner du temps, tout en luttant contre une furieuse envie de dormir, j’ai pensé « ô combien voudrais-je avoir la patate de mes 8 ans. »
C’est alors que cette phrase de notre ami Ludwig (le nom allemand de « Feuerbach » traduit en français donnerait « ruisseau de feu », ce qui est assez proche de la patate d’un enfant de 8 ans, pour peu qu’il soit correctement alimenté) m’est venue en tête.

Si j’ai bien compris l’article qui lui est consacré dans Wikipédia, cet homme écrivait aux crochets de sa femme qui possédait une manufacture. Voyez vous-même ! Il est scandaleux autant que réducteur de résumer soixante huit années de vie d’un philosophe allemand à ce détail matrimonial. Mais je crois au pouvoir de l’anecdote.

Le livre « L’homme est ce qu’il mange » de Feuerbach est pratiquement introuvable, excepté sur le site des introuvables où vous noterez cette délicieuse erreur dans le titre : « L’homme est-ce qu’il mange ».
Comme je vous le disais : je crois au pouvoir de l’anecdote.

L’âge de (foi)raison

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L’école 42, fondée par Xavier Niel, est une école informatique complètement gratuite, elle encourage les jeunes à changer le monde (c’est ici : http://www.42.fr).
A ceux qui ont 42 ans aujourd’hui, on demandait plutôt d’entrer dans le moule et de trouver un métier bien rémunéré. Changer le monde ? Les parents l’avaient déjà fait en 68, Mitterrand allait le faire en 81 ; nous étions par naissance une génération bénie.

Sauf que. Ce monde-là, qui nous moule autant que nous l’avons moulé, il faut le changer (et vite).
Sauf que. A 42 ans, après avoir trimé pendant vingt ans pour des patrons qui se fichaient de moi, après avoir passé des week-ends entiers à me demander pourquoi y retourner le lundi, à y aller quand même, à y trouver des compensations et parfois de la joie… je suis un peu fatiguée.

J’ai des idées pour changer le monde, mais je mets en œuvre celles qui me permettent de contourner le flip à chaque fois que j’entends l’eau couler, que je jette un truc dans la poubelle ou qu’il fait chaud (oui, l’avenir de la planète me tracasse… pas vous ?). Honnêtement, c’est aussi efficace que de sucer un bonbon pour soulager une carie.

A 42 ans, je me retrouve avec une montagne de choses que j’ai envie de faire, mais la seule chose qui sera vraiment possible (envisageable, raisonnable, responsable) de faire, c’est d’aller m’enfermer dans une boîte et d’y dépenser toute mon énergie. Pendant encore vingt ans.

Bon dimanche, les amis !